Frothy mixture

Rick Santorum vient de se déclarer candidat à l’investiture républicaine pour la prochaine élection présidentielle américaine en 2012. Pour avoir tenu des propos homophobes de la même nature que ceux de Brigitte Barèges récemment en France, Santorum a subi les moqueries fort méritées de Dan Savage en 2003. Celui-ci a créé un néologisme et monté une campagne web très efficace pour donner une autre signification au mot « santorum ». En l’occurrence, le santorum est « une émulsion de matière fécale et de lubrifiant parfois produite par la pratique du sexe anal ». Bon appétit si vous êtes à table.

Rick Santorum has publicly addressed the phenomenon in multiple interviews. In a February 16, 2011 interview, Santorum stated to Roll Call, « It’s one guy. You know who it is. The Internet allows for this type of vulgarity to circulate. It’s unfortunate that we have someone who obviously has some issues. But he has an opportunity to speak. » He stated to The Daily Caller in an April 28, 2011 interview, « I don’t see it as a problem at all. » He hoped the issue would « take care of itself over time », with increased media coverage of his political campaign as a candidate in the 2012 United States presidential election, adding, « And if it maintains, it will just show a rather disgusting side of politics, unfortunately. » The Pittsburgh Post-Gazette queried the former Senator about the issue in a May 12, 2011 interview, and Santorum responded, « It’s a free country and people can do and say what they want to say. »

Santorum (neologism), Wikipedia

Vous avez remarqué ? En quelques phrases, voilà illustrée une des différences fondamentales entre l’Europe continentale et les États-Unis. Pas d’appel à la censure, pas de discours sur l’internet et la civilisation. It is a free country indeed.

L'emmerdant, c'est l'union

« L’élection présidentielle de 2012 se gagnera […] au premier tour. Autrement dit, celui des deux candidats, de gauche ou de droite, qui aura le plus rassemblé son camp avant le scrutin présidentiel aura de fortes chances de l’emporter, soit parce qu’il sera face à Marine Le Pen, scénario hélas le plus probable, soit parce qu’il aura obtenu un score élevé au premier tour et aura donc créé une dynamique suffisante pour gagner le second.

C’est le bête et implacable raisonnement arithmétique qu’impose notre scrutin majoritaire à deux tours. On peut regretter qu’il en soit ainsi, qu’il ne nous soit plus permis de faire un “choix de cœur” au premier tour. Mais c’est comme ça. »

Lettre ouverte d’un électeur à tous ceux qui font de la politique à gauche

La gauche espère nous refaire le coup du Programme commun. Ce fut une stratégie très efficace mais elle mit dix ans à porter ses fruits. Je crains qu’une petite année ne soit suffisante à cette armée en déroute et sans chef qu’est le PS pour reconquérir le pouvoir. C’est fort dommage car j’aimerais bien ne pas avoir à choisir entre Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy. La dernière fois qu’un tel non-choix m’échût, j’ai voté Chirac ; la prochaine fois, je resterai chez moi.

Priape d'Or : le grand prix de la phallocratie décomplexée

L’inculpation du directeur du FMI – Dominique Strauss-Kahn – ne vous aura sans doute pas échappé. Si comme moi vous succombez de temps en temps au flux hypnotique des informations en direct de New-York, vous en savez même beaucoup trop. Tout et son contraire a été dit. La quantité d’informations factuelles déversée par les médias est inversement proportionnelle à ce qu’on sait vraiment de cette triste affaire. Si j’ai bien une opinion sur ce qui a pu se passer dans la suite 2806 du Sofitel, je me garderai bien de donner une quelconque conviction, de peur précisément d’être démenti par les faits.

Si la couverture médiatique de cette affaire est à peine supportable, il est un phénomène, en revanche, qui épuise rapidement ma patience. En effet, pour défendre l’honneur d’un homme, certains – alors qu’on ne leur demande rien – ont fait le choix de salir l’honneur d’une femme. Certains mettent en doute la probité de la victime présumée. D’aucuns évoquent à mot couvert sa beauté, trop grande pour être honnête. D’autres encore insinuent que finalement, elle l’a un peu cherché.

Parmi les éditorialistes et plumitifs dont la presse française traditionnelle regorge, qui sont tous bien sûr blanc, mâle et hétérosexuel, la perversité (à moins que ce ne soit une maladie mentale) est à son comble. Pour défendre son ami (bien qu’il soit ami avec tout le monde), Bernard Henri-Lévy par exemple émet des doutes lourds de reproches sur la compétence et les intentions de la supposée victime. Mais la plus belle phrase cette semaine, la plus idiote, la plus crassement bête, c’est Jean-François Kahn qui l’a prononcée. Avec une légèreté scandaleuse, après un ricanement, il a qualifié l’affaire de « troussage de domestique ». Circonstance atténuante, il s’en est excusé par après.

J’ai cherché s’il existait un prix parodique remis au phallocrate le plus décomplexé, au machiste le plus vulgaire, au misogyne le plus fat. Malheureusement, je n’ai pas trouvé qu’une telle cérémonie ironique ait jamais été célébrée. À l’instar du célèbre blogueur Maitre Eolas et son prix Busiris, il est donc temps de définir un nouveau prix décerné aux phallocrates les plus doués. Il y a, tout comme le Busiris, deux conditions. Pour être récompensé, le récipiendaire doit tenir un propos public (par écrit ou parole) exhibant la plus profonde bêtise phallocrate, c’est-à-dire validant la domination des femmes par les hommes, mais il doit le faire au premier degré sans aucune intention humoristique et de préférence sans s’en apercevoir. C’est là le but du prix : rappeler à l’impétrant qu’il n’a aucun mérite ni aucune dignité particulière à posséder un pénis et que l’appendice sus-nommé ne lui donne pas le droit de traiter les femmes comme des enfants ou des meubles.

Il reste à donner un nom à ce prix. Je pensais à Priape, cette divinité mineure, grotesque et dotée d’un énorme sexe. La mythologie grecque lui prête une haine féroce des ânes. Il a donc le profil. Pour son troussage de domestique, J.-F. Kahn est le premier Priape couronné.

Retrouvez la chronique hebdomadaire de mes grands combats sur le podcast « On a toujours raison » !

Souvenirs du 10 mai 1981

François MitterrandJe suis un bébé Mitterrand. J’ai un peu plus d’un an quand il arrive au pouvoir. Quand j’étais enfant ou jeune adolescent, le pape s’appelait Jean-Paul et le président de la République s’appelait François, comme si leur nom était attaché à leur fonction. Si sa politique économique a été mauvaise, bien que très généreuse, son mandat a été particulièrement important sur le plan social et symbolique : abolition de la peine de mort, libéralisation des médias, décentralisation, abrogation du délit d’homosexualité. Ces décisions importantes ont conforté une mythologie de gauche qui a fini par donner l’impression que Giscard avait été Pinochet. Ce mythe a toujours eu le don de me faire rire, au point que j’ai développé une certaine affection pour ce dernier. Aujourd’hui encore, ils sont nombreux à gauche à attendre le prochain Mitterrand.

Le meilleur candidat de gauche, le nouveau Mitterrand, se pourrait-il que ce soit Dominique Strauss-Kahn ? Comme son illustre prédécesseur, il a trempé dans quelques coups tordus comme l’affaire de la MNEF, l’affaire Elf et l’affaire Méry (de manière particulièrement rocambolesque pour cette dernière). Mitterrand était issu de la bourgeoisie conservatrice. DSK est à la tête d’une confortable fortune personnelle, même s’il a adopté les goûts automobiles des plus vulgaires parvenus. C’est un trait qui le rapproche plus de l’actuel président Sarkozy que du défunt Mitterrand. En revanche, ses mœurs licencieuses – qui ont bien failli lui coûter sa place au FMI – lui font indubitablement un point commun avec le grand homme. Aussi queutard et tricheur que Mitterrand, aussi bling-bling que Sarkozy, DSK est donc une sorte de synthèse de l’époque. Ce qui en fait un excellent candidat.

Pourtant, si je devais risquer un pronostic, je dirais que les mêmes raisons qui poussent à rejeter Sarkozy causeront tout autant la défaite de DSK. Heureusement qu’il y a une troisième candidate. Oh, wait…

Justice est faite

« [I]l convient d’affirmer que la mort de Ben Laden revêt bien, mais oui, une dimension morale. Non parce qu’elle était souhaitable, mais parce que son annonce apporte un soulagement, un apaisement qui devraient permettre de clôturer cette décennie comme on achève un long premier chapitre. Si ça n’est pas de la justice, ça y ressemble. »

Ben Laden : oui, il faut parler de justice. Rubin.

Ben Laden se prétendait soldat. Il a péri en soldat. Il n’y a rien là pour se réjouir. Il n’y a rien d’infamant non plus.

[exclu] L’application STIB mobile pour iPhone : les photos

La Société des transports intercommunaux de Bruxelles, vénérable institution qui transporte chaque jour des milliers de bruxellois, se modernise : nouvelles lignes, nouveaux véhicules et nouveaux services. Si vous êtes bruxellois ou si vous vous y baladez souvent, vous n’aurez pas pu rater la publicité pour le site mobile de la STIB qui recouvre le mobilier urbain. Ce site mobile propose les informations essentielles pour circuler en transport en commun dans la région. Les utilisateurs de la plateforme Android avaient déjà leur application mobile dédiée. C’est maintenant au tour des utilisateurs d’iPhone, iPad et autres iPod Touch. Après une première impression en exclusivité, je vous invite à découvrir la première version de cette application au moment de sa disponibilité sur l’App Store.

Petite visite

L’application STIB mobile a trois fonctionnalités principales : 1) vous donner accès aux horaires de bus, métro et tram partout à Bruxelles, 2) vous donner la position en temps réel de tous les véhicules en circulation et 3) vous localiser sur une carte et vous donner les arrêts les plus proches. Des fonctionnalités « de base » mais essentielles quand on est à pied, pressé, stressé ou quand on a simplement envie de se rendre à son bureau le matin. Voici des captures d’écran de l’application en fonctionnement. Elle est disponible en français, en néerlandais et en anglais.

Mon impression

Après quelques semaines d’utilisation comme beta-testeur, ma première impression, c’est que l’application est ultra-rapide. C’est l’avantage d’une application native sur un site web mobile, qui a pourtant été réalisé par la même équipe. Le deuxième avantage, c’est qu’on peut enfin enregistrer ses arrêts préférés en favori. En quelques secondes, je sais quand le prochain tram arrive à Princesse Élisabeth ou quand le 92 part de la gare de Schaerbeek. La troisième remarque, c’est que ce n’est qu’un début : il y a encore de nombreux services à inventer pour faciliter la mobilité.

Le seul bémol, c’est que le système d’information de la STIB est encore perfectible. Les horaires en temps réel sont souvent hors service, la localisation des véhicules parfois approximative. Je sais que c’est loin d’être un problème facile à régler mais avec l’accroissement du trafic (web mobile, pas le trafic routier), les clients de la STIB vont devenir de plus en plus exigeants : elle devra être à la hauteur. Sacré défi mais motivant, non ?

Dernier détail : l’application STIB mobile est DISPONIBLE !!!

Twitter est de droite, Facebook est de gauche

J’ai toujours eu l’intuition que Twitter était de droite et Facebook était de gauche. Comme toute activité sociale humaine, elle est politisée. Cette intuition semble être régulièrement confirmée par des faits ou des anecdotes. Cela n’en fait pas une théorie mais accordez moi qu’elle est amusante.

Peuple de Facebook, aristocratie de Twitter et sociologie de comptoir

Ce qui frappe l’observateur habitué à la fréquentation des deux plateformes, c’est la composition sociologique assez différente de ses utilisateurs. Facebook est un très grand réseau qui ressemble beaucoup à la population générale. La recherche du consensus, les idées convenues voire les clichés, vous assurent une quantité raisonnable d’interactions avec vos contemporains. Facebook, c’est le réseau centriste, gentiment mendésiste ou social-démocrate. C’est le réseau qui aime les enfants, les chats et les bombes qu’on envoie sur les dictateurs (mais pas sur les enfants ou les chats). Facebook n’a pas besoin d’une journée nationale du premier degré sur internet. Facebook est le terrain de jeu des classes populaires et des professions intermédiaires, des instituteurs et des caissières. Ça pue la sueur et donc la gauche.

Twitter en revanche est exclusivement peuplé de cadres blackberrisés qui twittent entre deux avions. Twitter rassemble une petite élite sociale qui n’a que faire du kolkhoze facebookien. Cette élite n’a pas envie de frayer avec la plèbe. D’ailleurs, elle snobe MySpace et les skyblogs depuis longtemps. En fait, elle les snobe depuis le début parce qu’elle sait, cette élite, que c’est forcément nul puisqu’elle l’a décidé. C’est un privilège de classe de pouvoir dire le bon goût. Peuplé d’influenceurs, de trendsetteurs et de branleurs, Twitter est un gigantesque rallye dansant de la noblesse du web. Ça sent bon les privilèges et donc la droite.

Si ces populations ne se mélangent pas (ou peu), ce n’est pas seulement à cause de leurs affinités et de leurs aspirations, qui sont fort différentes. C’est aussi pour des raisons philosophiques profondes. Les deux réseaux ne sont pas basés sur les mêmes prémisses morales, de manière aussi radicale que la gauche et la droite divergent (ce qui est énorme, comme chacun sait).

Divergence axiologique et droit d’ouvrir sa gueule

Sur Facebook, la relation sociale est symétrique. Même s’il est possible de contrôler très finement ce qu’on dévoile à l’un ou l’autre de ses « amis », cette relation est le plus souvent égalitaire. Elle est même généralement, pour l’utilisateur des réglages par défaut, très impudique. Tout est dévoilé à tout le monde et tout le monde peut participer. Facebook est une maison de verre, voire un studio de télé-réalité. Les candidats sont souvent du même niveau puisqu’à la télé de masse succède le réseau social de masse. Certains utilisateurs finissent par considérer Facebook comme un service public, une sorte de bien commun, oubliant que c’est d’abord une entreprise californienne. Un enseignant accuse Facebook de censure et demande réparation pour le préjudice moral. Cette personne est sans doute très satisfaite que Facebook censure les pédophiles et les racistes. Avec un peu de chance, elle fait même partie d’un groupe contre les sectes.

Inversement, sur Twitter, la relation est asymétrique. Vous ne pouvez obliger personne à vous lire et c’est vous seul qui choisissez ce que vous lisez. Vous avez une totale liberté de parole, mais personne n’est obligé de vous écouter. Le bouton block ne censure pas l’importun, il vous rend sourd à lui, ce qui est très différent. Même l’arme du report as spam n’est pas une arme de censure efficace. Les administrateurs du site font preuve d’une très subtile et plutôt libérale modération. Le succès ou l’échec dépend uniquement de ce qu’on fait et l’on peut y faire ce qu’on veut. Les conseils du bien-twitter font d’ailleurs sourire l’utilisateur chevronné : ici, tout le monde a 140 caractères et chacun se démerde.

Pourtant, j’ai tendance à observer que la tolérance pour les idées contraires, qu’elles soient de gauche ou de droite, est plus répandue sur Twitter. Les extrémistes et autres marginaux sont sur-représentés. Les engueulades les plus vives ne sont pas forcément basées sur des différences idéologiques. Dans ma timeline, je vois plus souvent des piques anti-sarkozistes que des déclarations d’amour à Claude Guéant. Il paraitrait même qu’internet est de gauche.

Alors, Twitter est-il vraiment de droite ? Ni droite, ni gauche, en fait. Ce qui veut dire de droite.

[exclu] L'application STIB mobile pour iPhone : premières impressions

La Société des transports intercommunaux de Bruxelles, vénérable institution qui transporte chaque jour des milliers de bruxellois, se modernise : nouvelles lignes, nouveaux véhicules et nouveaux services. Si vous êtes bruxellois ou si vous vous y baladez souvent, vous n’aurez pas pu rater la publicité pour le site mobile de la STIB qui recouvre le mobilier urbain. Ce site mobile propose les informations essentielles pour circuler en transport en commun dans la région. Les utilisateurs de la plateforme Android avaient déjà leur application mobile dédiée. C’est maintenant au tour des utilisateurs d’iPhone, iPad et autres iPod Touch. Voici mes premières impressions de beta-tester avant la sortie officielle.

Petite visite

L’application STIB mobile a trois fonctionnalités principales : 1) vous donner accès aux horaires de bus, métro et tram partout à Bruxelles, 2) vous donner la position en temps réel de tous les véhicules en circulation et 3) vous localiser sur une carte et vous donner les arrêts les plus proches. Des fonctionnalités « de base » mais essentielles quand on est à pied, pressé, stressé ou quand on a simplement envie de se rendre à son bureau le matin. Elle est disponible en français, en néerlandais et en anglais.

Première impression

Après quelques semaines d’utilisation comme beta-testeur, ma première impression, c’est que l’application est ultra-rapide. C’est l’avantage d’une application native sur un site web mobile, qui a pourtant été réalisé par la même équipe. Le deuxième avantage, c’est qu’on peut enfin enregistrer ses arrêts préférés en favori. En quelques secondes, je sais quand le prochain tram arrive à Princesse Élisabeth ou quand le 92 part de la gare de Schaerbeek. La troisième remarque, c’est que ce n’est qu’un début : il y a encore de nombreux services à inventer pour faciliter la mobilité.

Dernier détail : l’application est en cours de soumission. Elle sera disponible très bientôt !