On a toujours raison + Will&Co : émission spéciale

Grande soirée podcastique ce soir puisque, tels Michel Drucker relançant Champs-Élysées à grand renfort de paillettes, nous vous avons préparé une magnifique émission double On a toujours raison + Will&Co !

willandco + oatr

Venez nous rejoindre dès 21h en direct et en images (grâce aux moyens techniques de la SFP)

-> sur le site d’On a toujours raison

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Guérir le sida ?

Doctors who carried out a stem cell transplant on an HIV-infected man with leukaemia in 2007 say they now believe the man to have been cured of HIV infection as a result of the treatment, which introduced stem cells which happened to be resistant to HIV infection.

The man received bone marrow from a donor who had natural resistance to HIV infection; this was due to a genetic profile which led to the CCR5 co-receptor being absent from his cells. The most common variety of HIV uses CCR5 as its ‘docking station’, attaching to it in order to enter and infect CD4 cells, and people with this mutation are almost completely protected against infection.

The case was first reported at the 2008 Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections in Boston, and Berlin doctors subsequently published a detailed case history in the New England Journal of Medicine in February 2009.

They have now published a follow-up report in the journal Blood, arguing that based on the results of extensive tests, “It is reasonable to conclude that cure of HIV infection has been achieved in this patient.”

Stem cell transplant has cured HIV infection in ‘Berlin patient’, say doctors, by Keith Alcorn

Une première mondiale, extraordinaire à bien des égards, mais prometteuse pour la recherche des vingt prochaines années. Les recherches génétiques sont sur le point de produire des avancées spectaculaires.

Via Rubin

Pourquoi les Romains admiraient la Grèce

Les Romains, bâtisseurs et ingénieurs, même à l’époque de la toute puissance impériale quand leur influence s’étendait des rives de l’Atlantique à celles de la mer Caspienne, conservaient une certaine admiration pour les Grecs. Si les textes originaux des savants grecs antiques ont depuis longtemps disparu, il reste une trace bien réelle de leur formidable génie, qui explique un peu cette admiration : la machine d’Anticythère. Découverte au début du 20e siècle, elle a intrigué les historiens pendant cent ans avant de révéler ses secrets.

Cette machine, constituée de presque cent pièces de bronze, servait à calculer la position astronomique du soleil et de la lune, prédisant avec une grande précision les éclipses et les phases des astres. Elle indiquait aussi les années des jeux olympiques, qui avaient à l’époque une énorme importance culturelle dans le monde Grec. Personne il y a seulement quelques années n’avait imaginé découvrir une machine si ancienne et si complexe. Elle fut construite il y a plus de 2000 ans.

Andrew Carol a construit une réplique. Il a eu l’idée géniale d’utiliser des Lego. À travers ces bouts de plastique, 20 siècles nous contemplent.

Wikileaks : rions un peu avec la presse

Vous avez entendu parler de wikileaks ? Forcément un petit peu. Personne n’a pu vraiment échapper au battage autour de ses récentes activités. En effet, wikileaks a mis au jour et publié, de manière contrôlée et fort habile d’ailleurs, 250 000 1 500 mémos diplomatiques confidentiels en provenance des ambassades et représentations américaines de la planète. Pourtant, celui qui imaginait un déferlement de secrets inavouables sur l’assassinat de John F. Kennedy ou l’alunissage de Neil Armstrong sera un peu déçu. Pas de révélations fracassantes mais plutôt un coup d’oeil sur l’activité quotidienne du système diplomatique de la puissance impériale, d’un réseau forcément très étendu.

Ce que ces télégrammes formatés et normalisés révèlent, c’est plutôt une partie de la vision américaine du monde tel qu’il est. Difficile de trouver des divergences d’avec ce qu’un observateur averti pouvait attendre. Pas de croustillant, juste la confirmation que finalement, les américains observent le monde et qu’on est souvent d’accord avec eux. Berlusconi est un con, Sarkozy est un excité, les Chinois ont de l’ambition, les Russes comptent bien défendre leur puissance passée, les pays arabes détestent l’Iran. Ouais. Il faudrait être naïf pour trouver ça surprenant.

Ce qui est très plaisant, en revanche, c’est de trouver dans ces synthèses des opinions parfois tout à fait personnelles de diplomates. Certains livrent dans ces télégrammes leur vision partiale et assumée des autres et du monde, alliés ou ennemis. Pourquoi une telle liberté de ton ? Mais parce que ces télégrammes sont secrets, justement. Vous serez ravis d’apprendre que le premier conseiller diplomatique français considère Hugo Chavez comme un « fou » qui « transforme son pays en un nouveau Zimbabwe ». À défaut d’être polie, la remarque n’est pas dénuée de vérité.

Mais là où ces télégrammes font très fort, c’est que certains ont du style. Le récit de la visite du Prince Andrew d’Angleterre (le fils de la Reine) au Kyrgyzstan vaut carrément son pesant de rigolade. On sent l’observateur américain très amusé par cet aristocrate abrupt, patriote jusqu’à l’absurde et anglais jusqu’au fond du slip. Les tirades du Prince et ses jugements à l’emporte-pièce prennent un savoureux relief, à lire l’ambassadeur. Ce portrait au vitriol se termine par la citation d’un sujet de sa gracieuse majesté (ou plutôt, comme dit l’auteur en parlant du Prince, un sujet de sa mère): “What a wonderful representative for the British people! We could not be prouder of our royal family!” La diplomatie américaine peut être fière de ses fonctionnaires.

En fait, ces télégrammes illustrent en creux la médiocrité de la presse française. C’est Slate qui s’exclame « un Pulitzer pour les diplomates ! » Ah, si seulement les diplomates étaient journalistes… C’est dommage, s’il y avait de bons journalistes en France, ces cables, ces informations confidentielles, seraient connues depuis longtemps. Le fait que ces révélations soient une bonne ou une mauvaise chose est une autre question. Finalement, cet autre cable diplomatique américain a bien raison : les journalistes français se prennent trop souvent pour des intellectuels et leur consaguinité avec le pouvoir en fait de très médiocres enquêteurs. Ou comme dit le Prince Andrew : “All of this sounds exactly like France.”

EDIT: Alex Hervaud a raison.

Retrouvez la chronique hebdomadaire de mes grands combats sur le podcast « On a toujours raison » !

Coupe du Monde

Que d’attente, que d’impatience, que de fébrilité ! Il y a quelques jours devaient être annoncés les résultats de la sélection des pays organisateurs des prochaines coupes du monde de football. Voilà maintenant la réponse : La Russie organisera le Mondial 2018. Le Qatar organisera la coupe de monde 2022. La candidature belgo-néerlandaise n’a pas été retenue, par manque de pétro-dollars, sans doute.

J’ai vu surgir un débat intéressant dans le microcosme de twitter – d’autant plus intéressant qu’il est aussi à la une du Soir, le grand quotidien belge francophone. Pour ou contre la coupe du monde ? Pas pour ou contre le principe (encore que la question puisse être posée) mais pour ou contre son organisation en Belgique.

Les uns, soutenant que c’est une excellente opération économique et de communication, sans parler de la liesse populaire, étaient farouchement pour. Les stades sont délabrés, les emplois à la clef seront nombreux, le commerce et toutes les télés du monde tourneront à plein régime. Les autres, considérant qu’il y avait beaucoup d’argent à dépenser et pas grand chose à gagner dans un spectacle éphémère, dédaignant le football comme un sport de rustres, étaient farouchement contre.

Je vais vous donner mon opinion tout de suite, qu’on s’en débarasse car elle n’a, après tout, pas beaucoup d’importance : j’étais plutôt opposé à l’idée. Non pas que je pense que la Belgique n’avait aucune chance ou que le spectacle en eût été moins intéressant. Je ne dédaigne pas la ferveur quand elle est sincère. La Belgique avait parfaitement les moyens d’organiser cette grande rencontre sportive planétaire. Je pense juste que ces moyens seraient bien mieux employés à autre chose.

En effet, la performance économique d’une telle opération, plus ou moins hasardeuse au demeurant, dépend largement du torrent d’argent public qui sera déversé dessus pour le plus grand bonheur d’intérêts privés. Le mélange argent public/argent privé, c’est d’ailleurs une caractéristique du sport « de haut niveau », une manne qui a – je le crains – irrémédiablement endommagé le football, mais c’est une autre histoire.

La partie de l’argument auquel j’arrive maintenant, et qui m’intéresse vraiment, c’est que certains percevaient chez les anti-foot comme une sorte de mépris envers la passion populaire sincère pour un sport, le plus humble peut-être, qui se joue avec un ballon. C’est la dialectique assez classique élite vs. le peuple. Faut-il aimer le foot sous peine d’être taxé d’élitisme forcené ? À l’inverse, faut-il détester le foot sous peine de passer pour un beauf ?

Ce qu’il y a de bien avec cet argument, c’est qu’il est complètement tautologique (ou circulaire, ou idempotent comme vous voulez). On peut toujours l’opposer à l’adversaire dans un sens ou dans l’autre. Pourquoi ? Parce que ce sont des notions totalement abstraites et générales. Le peuple, ça n’existe pas. L’élite, en dehors des auto-références et des idiotismes, n’a pas de sens car elle est toujours relative. Nous appartenons tous à la fois à la majorité et à la minorité un peu en même temps.

La pire des attitudes, c’est de s’accrocher à ces définitions pour faire croire qu’on est tantôt du côté du peuple et des humbles, tantôt du côté des initiés et des puissants. C’est presque pire que de croire qu’on peut vraiment couper le monde en deux entre les gentils et les méchants.

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