Catégorie : Politique

  • Financial crisis, there and back again

    “[Y]ou can be sure that we will have another major financial crisis sometime in the future, once this one has disappeared into the recesses of our memory. You can bet your life savings on it. In fact, you probably will.”

    Who Killed Wall Street? by Dani Rodrik

    Via Alexandre Delaigue.

  • Les merveilles du monde : le cheese-burger

    Les progrès de l’humanité sont étonnants. En quelques milliers d’années, quel chemin nous avons collectivement parcouru ! Aujourd’hui, l’objet de mon émerveillement est le cheese-burger de McDonald’s et plus généralement les remarquables apports de l’industrie agro-alimentaire à la civilisation occidentale.

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    Le cheese-burger me fascine à chaque fois. Avez-vous jamais pensé au nombre d’ingénieurs, de diététiciens, de spécialistes du marketing qu’il a fallu pour concevoir ce hamburger ? Moi, si. La quantité des ingrédients, leur forme, leur qualité, leur goût, tout a été pensé dans ce repas qui tient dans la main : pas un ingrédient en trop, pas une goutte de sauce superflue. Dans son petit emballage en papier très pratique, il reste chaud assez longtemps. On peut le manger sans s’en mettre plein les doigts ou la figure. Un jeune enfant malhabile ou un homme d’affaires pressé peuvent le manger rapidement et sans taches.

    On fait beaucoup de reproches à l’industrie agro-alimentaire, très légitimement. Mais que peut-on reprocher au cheese-burger ? Certes, ce n’est pas le repas le plus nutritif qui soit, mais ses apports caloriques sont raisonnables (20 ou 30 % des apports journaliers recommandés). Il est surtout parfaitement sans danger. Je n’aurais sans doute pas pu trouver un repas aussi bon marché, aussi nutritif et inoffensif il y a deux siècles. Et comme beaucoup d’européens à cette époque, je serais mort d’une simple infection ou d’une intoxication alimentaire.

    Si l’industrie agro-alimentaire pollue, pousse les agriculteurs au gigantisme, elle assure aussi un apport nutritif plus que suffisant à tous, même aux plus pauvres. En revanche, il y a près d’un milliard d’humains qui souffrent de la faim, et cette même industrie n’y est pas étrangère. Étonnant paradoxe que l’industrie et ses techniques qui enrichissent le paysan du nord affament aussi le paysan du sud, non ? Pas vraiment, mais ce sera peut-être le sujet d’un autre billet.

  • Rattachisme

    Le rattachisme est un courant politique (minoritaire) belge ou, plus exactement, wallon qui prone le rattachement de la région wallonne à la France. En ces temps troublés où les politiciens flamands semblent décidés à en finir, cette idée est de plus en plus d’actualité.

    Petit clin d’œil à Georges, qui relevait naguère une « abomination », voici un texte que je trouve pertinent sur la situation de la Wallonie en Europe et son rattachement à la France. Je ne suis pas vraiment rattachiste moi-même (et ce n’est pas mes affaires, après tout) mais si les Wallons en expriment le désir je n’y suis pas non plus opposé. Ceci dit, l’hypothèse me semble encore fort lointaine.

    Mise à jour : un texte intéressant, et fort différent, sur la position de la France sur le rattachisme.

  • Sarkozy bashing

    L’opposition en France est aux abois. Tout est bon pour critiquer le pouvoir, jusqu’à l’absurde, l’anecdotique. La venue récente de Bachar al-Assad à Paris semblait encore un bon prétexte pour l’indignation hypocrite et facile, l’opposition grandiloquente mais creuse. Je dois avouer que je n’aime pas les dictateurs non plus, surtout quand ils sont reçus avec les honneurs qu’ils ne méritent pas. Il n’empêche, la diplomatie française a semble-t-il réussi (peut-être temporairement) à faire avancer des dossiers jusque là bloqués. On peut critiquer Sarkozy tant qu’on veut, son volontarisme (affiché, un peu cynique sans doute) est parfois efficace.

    P.S. : tiens, ils veulent virer Jack Lang aussi. Parce que pendant ce temps là, y avait une réforme de la constitution, paraît-il…

  • Yves Leterme a encore frappé

    Le premier ministre belge a (encore) démissionné. Chez lui, c’est devenu une habitude. En même temps, quand il y a un gouvernement, il s’embourbe dans les négociations « institutionnelles » et les problèmes « communautaires ». Donc quand il n’y en a pas, le gouvernement en « affaires courantes » s’occupe en fait des vrais problèmes, de la gestion quotidienne. Il travaille, quoi… Quand il n’y a plus de gouvernement, il y en a encore un.

    C’est le même personnage qui avait chanté la Marseillaise « par erreur » sur le parvis de la cathédrale Saints Michel et Gudule le jour de la fête nationale belge l’an dernier. J’appelle plutôt ça un attentat, au moins de la haute trahison, mais les Belges prennent tout avec humour. Cette fois-ci, il nous refait le coup le 14 juillet. Je suis mort de rire.

  • Royalement nulle

    Parfois, Nicolas Sarkozy m’agace. Sa façon de traiter la chose militaire, par exemple. Mais il y en a une qui m’agace encore plus, c’est Ségolène Royal. Ces récentes sorties sur la libération d’Ingrid Betancourt me rappellent pourquoi je n’ai pas voté pour elle.

    Trouvé une tirade mémorable chez Chafouin :

    Pour qu’à jamais, Royal demeure un nom de pizza, je voterai Sarkozy.

  • La transparence ou la mort de la démocratie

    Doit-on tout montrer ou tout dire en politique ? Le citoyen exige légitimement des élus honnêteté et sincérité. Dès lors, est-il en droit d’exiger que ces élus disent tout, révèlent tout, y compris l’intime, l’anecdotique ?

    La dernière affaire, c’est cette vidéo off de Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur le plateau de France 3 juste avant la prise d’antenne. On y voit rien ou si peu :

    • il règle sa montre (une magnifique Patek Philippe mais soit) ;
    • il dit bonjour à un technicien qui ne lui répond pas (peut-être car il a un casque sur les oreilles et l’entend mal, ou bien il n’a pas compris que le président s’adressait à lui, peut-être est il simplement impressionné) ;
    • il se plaint de ce comportement cavalier, d’abord badin puis plus sévère (ce qui est étonnant pour quelqu’un qui jure comme un charretier devant d’autres caméras) ;
    • il s’enquiert de la durée de placardisation d’un journaliste et semble la désapprouver ;
    • il demande si l’on traitera bien d’un sujet d’actualité (au demeurant dramatique) ;
    • il ajuste sa veste et sa cravate.

    Le contenu brut est donc nul. On peut en faire la lecture psychologisante que l’on veut : M. Sarkozy semble assez décontracté et à l’aise. Et pas très différent du on.

    Ce qui est plus intéressant, ce sont les réactions contrastées sur cette vidéo. Certains s’en font des gorges chaudes, d’autres la prennent pour ce qu’elle est : anecdotique.

    La politesse est souvent ce qui nous empêche de frapper notre interlocuteur : une contrainte librement consentie (et parfois consciemment brisée) qui régule les interactions humaines, nous élève au dessus de la bestialité.

    De même, la démocratie est un dialogue raisonnable entre des gens qui cherchent à établir un consensus pour vivre ensemble. Ce n’est pas une foire, mais au contraire un tissu de conventions, de règles qui garantissent la qualité du débat, comme dans un tribunal. Sortir cette vidéo, alors qu’aucune urgence, qu’aucune menace ne le justifie, c’est briser une convention simple : la séparation entre le public (le champ de la démocratie) et l’intime (le local, le privé).

    On pourra dire que M. Sarkozy a tendu le baton pour se faire battre. C’est vrai. Mais ça n’excuse pas l’impolitesse.

  • L'expérience de Milgram

    Connaissez-vous l’expérience de Milgram ? C’est une expérience scientifique très célèbre réalisée au début des années soixante par le psychologue Stanley Milgram et son équipe. Elle teste la capacité à obéir à des ordres donnés par une figure d’autorité légitime, quand bien même ces ordres rentrent en conflit avec la conscience d’un sujet. Elle montre qu’influencés par des ordres ayant l’apparence de l’autorité, la plupart d’entre nous est un bourreau obéissant.

    Cette expérience a été reproduite récemment, et les résultats sont tout à fait les mêmes. Soumis aux injonctions d’un professeur en blouse blanche, la majorité des sujets est prête à infliger des souffrances à autrui. Elle montre aussi que si l’on ajoute un complice réticent à poursuivre l’expérience, la proportion des sujets prêts à continuer décroît faiblement. Milgram avait montré qu’avec deux complices, la proportion diminuait encore.

    J’y vois plusieurs enseignements intéressants :

    1. Nous sommes tous plus ou moins conditionnés à obéir ;
    2. Pour rendre l’obéissance supportable, on décharge la responsabilité de ses actes sur l’autorité ;
    3. La morale est plus sociale qu’individuelle.

    C’est vrai, nous sommes tous plus ou moins des tortionnaires en puissance. Notre excuse : j’obéissais aux ordres, je faisais ce qu’on me disait. C’est à la fois terrible et rassurant. La démocratie est tout autant basée sur l’obéissance que sur la liberté individuelle. L’obéissance est un mécanisme commun dans nos sociétés ; elle règle certains rapports sociaux. Elle n’est pas en soi indésirable. Mais elle n’est pas sans limite. C’est le regard du groupe sur soi qui fixe en grande partie nos barrières morales et limite l’obéissance. C’est donc dans le rapport changeant entre la soumission à l’autorité que confère la majorité des suffrages d’une part, et le jugement moral réflexif de la société sur elle-même et sur l’individu d’autre part que naît la démocratie, autant que l’oppression… J’avais dit rassurant ?

  • Bomel über alles

    Conversation avec S.

    — C’est un quartier populaire : des turcs, des maghrébins…
    — Mon Dieu, on ne peut pas acheter une maison là. Et mon standing ?
    — La municipalité a un projet de réaménagement urbain très important. Ce pourrait être un bon investissement.
    — Ah ? Ils vont virer les turcs ?
    — Oui, ils vont reconvertir les anciens abattoirs en camp de concentration.

    On peut rire de tout, mais vraiment pas avec n’importe qui. 😀

  • La dérisoire effervescence des comprimés

    En l’occurrence, l’effervescence vient du très dispensable Jean-Marc Morandini. Le con primé en question n’aime pas qu’on critique son travail. Lui, il a le droit, mais pas un misérable blogueur même pas journaliste.

    Journaliste ? N’est-ce pas une insulte, plutôt ? La profession devrait faire honte ; on ne devrait la révéler que le rouge au front et l’œil baissé. Orthographe approximative, syntaxe bancale, énoncé des faits lacunaire, raisonnement à l’emporte-pièce : ils sont nombreux, les errements de cette profession. Ceux qui veulent vraiment parler moche et penser mal peuvent continuer à lire la presse et regarder la télévision. Moi, j’essaye d’arrêter.

    Le titre vient d’un excellent album de Boucq.