Catégorie : Humeur

  • Victoire de Barack Obama

    C’est vraiment dommage pour John McCain. Voilà un centriste, qui a fait la guerre et payé de sa santé, de son sang et de sa jeunesse pour défendre son pays, qui est aimable et intelligent. Et de qui se retrouve-t-il entouré ? Des pires crapules, des républicains les plus épais, des rednecks racistes et démagos ((et une hockey mom complètement abrutie)), qui orchestrent une campagne haineuse. Tellement haineuse qu’à plusieurs reprises, on a vu McCain réellement gêné par de tels supporters. Il fut même obligé de rappeler que si Obama était son adversaire, il avait quand même un grand respect pour lui (sous les sifflets de ses militants). Pauvre Johnny, c’est dur d’être aimé par des cons.

    Barack Obama a remporté une victoire nette et sans bavure, avec un message clair et rassembleur. Il a une position centriste sur beaucoup de sujets et il est intelligent. C’est une campagne sérieuse, très premier degré, qui l’a porté au pouvoir. Ça et un message d’espoir et d’unité. En bref, la grande classe ! C’est toute la force des États-unis, c’est cet aspect que j’aime : une sorte d’ingénuité, d’innocence préservée et de passion pour son pays ; mais pas une passion nationaliste stérile et passéiste, pas d’attachement à des racines mythiques et desséchées. Au contraire, cette Amérique là est un projet, une vision. J’attends sans grand espoir le même sursaut national en France et en Europe, mais je crois que notre vie politique de ce côté du pond a encore pris un coup de vieux.

  • Un peu de poésie brute

    Trouvé par hasard la vidéo d’une dame que j’avais déjà croisée dans mes pérégrinations.

    Les commentaires moqueurs ou condescendants de certains m’ont un peu filé la gerbe. Alors j’ai écrit ça :

    Peut-être que le web n’est pas qu’un outil buzzo-marketing pour vendre sa soupe, son plan média, sa bogossitude à la con.

    Peut-être que le web n’est pas qu’une agora, ce tissu de blogs politiques qui analysent et ratiocinent.

    Peut-être que le web n’est pas qu’un médium pour journalistes en manque d’oxygène.

    Peut-être que le web n’est pas qu’une grande encyclopédie collaborative où la réalité est décidée à la majorité.

    Peut-être que le web n’est pas réservé aux universitaires, aux doctorés, aux premiers de la classe qui pensent, qui abstraient, qui web-sémantiquent et méta-modélisent en rond.

    Peut-être que le web n’est pas fait que pour parler du web, sur un putain de blog.

    Sur le web, il y a peut-être une petite place pour les gens seuls, ni particulièrement beaux, ni particulièrement intelligents. Des gens comme cette dame.

    Et ça m’émeut. Merci madame.

  • Journalisme ès qualités

    Conversation sur un blog connu :

    Lui
    « Il ne suffit pas de pointer les manques des journalistes pour faire des blogueurs des journalistes. »

    Moi
    Si vous avez compris ça, c’est que je me suis mal exprimé. Toutes mes excuses.

    Les bons journalistes se reconnaissent à (1) leur capacité à éclairer la complexité du réel et (2) à donner une opinion informée (sur le plan technique) et située (on sait d’où ils parlent). Le journalisme est une pratique, une méthode, une rigueur.

    Et bien, figurez vous qu’il existe aussi des blogueurs talentueux (comme Eolas, dans un billet fort à propos) qui ont toutes les qualités énoncées ci-dessus. Ils font donc du journalisme. Ils sont par ailleurs leur propre medium, leur propre éditeur. Enfin, ils suscitent des conversations.

    Ce point est très important. La crise de la presse est en partie due à la déconnexion croissante entre les journalistes et leur lectorat. La relation directe avec le lecteur permet de construire une longue relation de confiance : on sait d’où parle le blogueur, son analyse est commentée et vérifiée par les lecteurs.

    Je crois que ce nouveau mode de co-élaboration de l’information (les faits) et de l’analyse (commentaire et opinion) est l’avenir de la profession. Narvic (novovision) suggère que le domaine de la synthèse, qui prend du temps (bien le plus précieux de la bloguoboule), soit le nouveau terrain du journalisme professionnel : un journalisme d’agrégation. Ce que, peut-être, Vendredi pourrait devenir…

  • Vos gueules

    En voilà une que je sortirai à mes étudiants, le moment venu :

    « Si ces Messieurs qui causent ne faisaient pas plus de bruit que ces Messieurs qui dorment, cela accommoderait fort ces Messieurs qui écoutent. »
    Achille de Harlay (1536 – 1616), président du Parlement de Paris.

  • Le Christ téléphage

    Une sculpture représentant le Christ avachi devant la télé a été installée sur la place d’Armes de Namur. J’ai reçu cette réaction indignée :

    Chers amis,

    S’il vous plaît, lisez l’article ci-joint, publié ce matin dans l’édition de « Vers l’Avenir ». Cela appelle une réaction rapide de tout chrétien qui entend encore faire respecter sa foi. Créer cet objet est une chose, relayer l’information en est une autre ! Qu’en serait-il si, à la place de Jésus, on avait mis le Prophète Mahomet ou le Dalaï Lama ?

    Et voici ma réponse :

    Je peux comprendre la légitime colère de certains chrétiens offensés. Malheureusement, j’ai peine à déceler le caractère subversif de « l’oeuvre » et ne trouve pas là matière à s’émouvoir. Je suis pourtant le premier à regretter les provocations gratuites contre les religions. De plus, s’en prendre aux chrétiens est trop facile dans notre société démocratique confortable, docile et largement déchristianisée. C’est en fait mon principal reproche : qu’y a-t-il encore de subversif à moquer ainsi le Christ ? Est-ce vraiment si courageux et si important ?

    Je ne trouve pas cette « oeuvre » déplacée ou choquante. Je la trouve nulle, molle et consensuelle. Comme notre époque. D’ailleurs je parie, avec ses auteurs, qu’elle ne suscitera que des débats policés et tièdes. Et c’est précisément ce que cet acte entendait dénoncer : quelle ironie !

    L’ironie, ce mal du siècle, qui pourrit la pensée et y instille le relativisme mou, la morale en carton pâte. Triste époque…

  • Pensée pour Emmanuelle

    « Toutes les pensées ensemble ne font pas un seul acte de charité gratuite. »

    Sœur Emmanuelle, dans La Croix et via Koztoujours.

  • Financial crisis, there and back again

    “[Y]ou can be sure that we will have another major financial crisis sometime in the future, once this one has disappeared into the recesses of our memory. You can bet your life savings on it. In fact, you probably will.”

    Who Killed Wall Street? by Dani Rodrik

    Via Alexandre Delaigue.

  • Joyeux anniversaire

    Il y a 437 années, la flotte espagnole, vénitienne et les troupes de Sa Sainteté le Pape Pie V (entre autres) mirent une des plus formidables branlées de l’Histoire à la flotte ottomane du sultan Selim II, lors de la bataille de Lépante.

    L’Union européenne est basée sur le pardon des offenses et l’idée que les valeurs qui nous rassemblent sont plus importantes que celles qui nous divisent. Puisque l’époque commande qu’on célèbre et qu’on devoir-de-mémorise, je propose de fêter ce joyeux anniversaire. Sans rancune, hein ?

  • Non, je n'écrirai rien sur ce film, c'est une merde

    Collègues. Discussion. Cinéma.

    Non, je n’ai pas aimé le dernier Batman. C’est triste et froid, d’un ennui mortel. Il y a bien quelques scènes spectaculaires réalisées avec des gros moyens et trois équipes, ça en jette. Le reste est misérable. Comme l’époque.

    Non, je n’irai pas voir le dernier Starwars synthétique. Noël est dans presque trois mois, je vais pas me taper le rayon des jouets par anticipation. George peut crever avec ses milliards, il n’aura plus un kopeck de ma poche.

    Non, je n’irai pas voir « Entre les murs ». Le naufrage de l’Éducation nationale filmé au ras des pâquerettes, ça me fout le cafard. Si je voulais vraiment assister à un naufrage, je materais Titanic. Le discours conconsensuel et mou sur l’éducation de chérubins au stade sauvage, je dis non. On est pas entre les murs, on fonce dedans et on klaxonne. Je suis un méchant réac qui pense qu’une tarte dans la gueule de temps en temps, ça remet les idées en place. Et je suis dogmatique si je veux.

    Et je t’emmerde. (Je l’ai pas dit mais je l’ai pensé tellement fort que ça s’est entendu)

    Des fois, le sucre, le mou, ça me met dans un état… Faut pas m’amadouer avec des cucuteries de grand-mère, j’ai la bile qui noircit. Tiens, je vais regarder une vidéo de Finkielkraut sur Dailymotion, ça va me détendre.

  • C'est l'heure du bilan

    La semaine fut riche, très riche.

    Lundi. Émission en direct du Caméo pour le FIFF. Fred et Yves ont parlé du cinéma québécois. J’ai fait une courte apparition au micro pour dire des bêtises et c’était déjà fini…

    La « crise » (de nerfs) financière affole les ministères et les banques centrales. Les libéraux orthodoxes se cachent pour mourir.

    Mardi. On chante des chants scouts.

    Mercredi. Travail tard le soir. On fait pas un métier facile, hein ?

    Jeudi. Dernière émission en direct. Chanson live de Lucka. Interview de John Barbu.

    On parle du concert spécial « nouvelle fréquence » de RUN au Belvédère.

    Vendredi. Drum’n bass, dubstep, électro… Si tu comprends pas, c’est que t’es un peu trop vieux.

    Quatre heures du matin. Superbe live électro. Cerise. Gateau.

    Un peu de verre brisé et une excellente soirée.

    Et demain ? Demain ! Émission d’Homosphère consacrée à l’élection présidentielle américaine, en présence du plus américanophile de mes colocs. Je ne pense pas qu’on dise beaucoup de bien de Sarah Palin.

    Terminons sur une note musicale et humouristique.

    C’est nul, mais nul…