Catégorie : Politique

  • Et de quatre…

    Quatrième démission du Premier ministre belge. Décidément, Leterme accumule les fausses couches.

    Mateusz décrit la funeste soirée heure par heure, Jean Quatremer explique tout ça à mes compatriotes d’outre-Quiévrain, et sur twitter, on trouve quelques perles…

    • Christophe : « Pour que la Belgique s’achete un gouvernement sur eBay http://tinyurl.com/4jgzpd »
    • Frédéric : « C’est une idée ou ça fait deux années de suite que @premier pourrit les vacances de Noël de notre roi? »
    • Moi (vu quelque part) : « La Belgique est un sport qui se joue à six équipes et où le Premier ministre démissionne toujours à la fin. »

    Mateusz a relevé la plus belle banderille, de la part de Christos Doulkeridis sur Facebook : « [je] rappelle que Leterme démissionne plus ou moins tous les six mois. La dernière fois, c’était fin juillet ». Méchant, certes, mais avec trois jours d’avance. Délicieux.

    Le compte est bon, je crois… En tout cas, Leterme est bien fini.

  • Par décision du Miniver…

    « Celui qui emploie aujourd’hui le mot “race” est nécessairement un raciste, puisqu’on a décidé de limiter le mot à sa signification la plus catastrophique et la plus connotée. La nouveauté est qu’ici la simplification sémantique n’est pas naturelle, mais voulue et contrainte. Supprimer le mot, pour supprimer la chose : Orwell appelait cela la novlangue. Bienvenue, Eric Zemmour, vous êtes arrivé en 1984. »
    Petit manuel pour bien niquer sa race, François Miclo, Causeur

  • La différence

    J’ai l’impression confuse que la nation est le contexte le plus adapté à la démocratie. Si la démocratie nécessite théoriquement l’expression libre des opinions, la liberté d’association ou le droit de vote, il existe aussi des conditions pratiques à son exercice. Un temps donné (par exemple le jour de l’élection) et un espace déterminé (le pays et ses frontières, l’espace de débat d’une assemblée, un bureau de vote) sont des limites nécessaires à l’existence d’un pratique démocratique. Il faut reconnaître que la nation est, dans ce cas, une entité commode. Elle définit l’espace et les individus qui s’inscrivent dans le champ de la démocratie, elle fournit aux citoyens une culture, une langue et des aspirations communes, qui transcende l’ethnie ou le village. Elle fournit en fait une distinction, une différence, un choix entre nous et les autres qui n’est pas basé sur des critères strictement biologiques.

    Dans une époque qui se refuse à choisir, à préférer, à discriminer, cette idée qu’il existe une communauté singulière indivisible ((une communauté d’élection, c’est-à-dire qui a choisi de se constituer elle-même)) qui sépare ceux qui la composent du reste de l’humanité est pour certains insupportable. Et pourtant, que ce passe-t-il si l’on supprime cette distinction ? Qu’advient-il si l’on supprime les frontières ? Dans ce monde globalisé, où s’exprime concrètement la démocratie ? Nulle part. L’ONU ? L’OMC ? Le parlement européen ? Ils sont plus éloignés des citoyens, et ceux-ci les considèrent comme moins démocratiques. En élargissant l’espace de la démocratie, il me semble que son efficacité diminue. Existe-t-il un nouveau périmètre post-national permettant un fonctionnement démocratique ? That is a fucking good question…

  • Géologie, histoire et politique : pourquoi Obama a gagné le sud

    Via kottke, je suis tombé sur un article fascinant à propos de la victoire de Barack Obama dans le sud-est des États-unis. L’auteur y explique comment les dépôts sédimentaires de la fin du crétacé ont fourni au dix-neuvième siècle un sol fertile à la production cotonnière et a favorisé la concentration des esclaves noirs. Ce qui cent cinquante ans plus tard fournira la base électorale du prochain président américain. C’est l’analyse politique la plus crédible que j’ai lue ces jours-ci.

  • Journée mondiale des toilettes

    Aujourd’hui, c’est la journée mondiale des toilettes ! L’idée me paraît excellente. Des milliards de gens luttent chaque jour contre les mouches et la vermine pour satisfaire un besoin essentiel. Ils défendent l’intégrité de leur corps dans des conditions précaires. Les toilettes sont une solution simple, hygiénique et confortable pour améliorer la santé de millions de personnes. Et ça vaut bien un petit geste. (plouf)

    [Via Vinvin]

    P.S. : J’ai l’honneur de porter le nom d’un modèle de toilettes. Vole, petit caca de lumière ! 😀

  • Marketing et liberté d'expression

    « L’homosexualité est devenue une marque déposée, celle d’un fond de commerce, électoral et lucratif… Toute critique à l’encontre de la gayitude est un acte anti-marketing. Ça ne pardonne pas. Tout le monde est invité à défiler en rangs serrés à la gay pride, sous peine de passer pour le dernier fachoïde venu. Car le pédé est essentiellement festif et démocratique – et ce n’est pas Jorg Haider qui dira le contraire, de toute façon, même s’il le voulait, il ne pourrait plus. »

    Trudi Kohl, Causeur

  • Vous n'aurez pas ma liberté de penser (des conneries)

    Le jugement condamnant en appel Christian Vanneste a été cassé. Ce monsieur est certes un troll velu mais il a le droit de penser ce qu’il veut. Il a, de mon point de vue, également droit de le dire. Que son opinion soit ridicule, que son avis soit teinté de préjugés rétrogrades m’importe peu.

    J’en ai assez (genre plein le c**) des ces lois mémorielles, de cette bien-pensance codifiée, réglementée. Si je veux insulter les noirs ou les homos, c’est mon droit : si le ridicule ne me tue pas, je crois qu’il discréditera suffisamment mes propos. Et bien je souhaite qu’il en soit de même pour ce monsieur. D’ailleurs, je suis tout à fait favorable à une stricte égalité des homos devant le mariage. Et pourtant, je n’en ai rien à secouer et n’en voudrais pas pour moi-même.

    Ces textes qui interdisent de proférer des horreurs sous peine d’amende et de prison sont immoraux. Ils nient la liberté fondamentale de l’Homme : celle d’être un connard et de le démontrer de manière univoque devant tout le monde. Comme ce monsieur.

    P.S. : Chafouin en parle mieux que moi ;
    Eolas en parle encore bien mieux que nous deux (au carré). Chuis en retard d’une guerre, apparemment.

  • John McCain, concession speech en français

    Traduction rapide du texte, d’après Yahoo News.

    « Mes amis, nous sommes arrivés à la fin d’un long voyage. Le peuple américain a parlé, il a parlé clairement.

    Il y a quelques instants, j’ai eu l’honneur d’appeler le sénateur Barack Obama, pour le féliciter d’avoir été élu président de ce pays que nous aimons tous les deux.

    Dans une compétition aussi longue et difficile que cette campagne, son seul succès m’impose le respect pour sa compétence et sa persévérance. Mais qu’il ait réussi en suscitant l’espoir chez des millions d’Américains qui croyaient faussement qu’ils n’avaient aucune influence, est une chose que j’admire profondément et pour laquelle je le félicite.

    Cette élection est historique, et je reconnais l’importance particulière qu’elle a pour les Afro-américains et la fierté particulière qui est la leur ce soir.

    J’ai toujours cru que l’Amérique offrait des opportunités à tous ceux qui ont l’industrie et la volonté de les saisir. Le sénateur Obama le croit également.

    Mais nous reconnaissons tous deux, bien que nous ayons fait un long chemin depuis les vieilles injustices qui souillaient autrefois la réputation de notre nation et qui refusaient à certains Américains les pleins bénéfices de la citoyenneté, que le souvenir de celles-ci avait encore le pouvoir de blesser.

    Il y a un siècle, l’invitation à dîner à la Maison blanche de Booker T. Washington par le Président Théodore Roosevelt fut considérée comme un scandale dans de nombreux quartiers.

    Aujourd’hui, l’Amérique est très loin de l’intolérance cruelle et terrible de cette époque. Il n’y a pas de meilleure preuve de cela que l’élection d’un Afro-américain à la présidence des États-unis. Il n’y a là aucune raison pour un Américain de cesser de chérir sa citoyenneté, celle de la plus grande nation de la Terre.

    Le sénateur Obama a accompli une grande chose pour lui et son pays. Je l’applaudis pour ça et lui présente ma sincère sympathie pour la mort de sa grand-mère bien-aimée, même si notre foi nous assure qu’elle est en paix auprès de son Créateur et qu’elle est fière de l’homme qu’elle a contribué à élever.

    Le sénateur Obama et moi avons discuté de nos différences, et il a prévalu. Il n’y a aucun doute que ces différences demeurent. Les temps sont difficiles pour notre pays. Et ce soir, je promets au sénateur Obama de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour l’aider à nous conduire à travers les nombreux challenges devant nous.

    Je supplie tous les Américains qui m’ont soutenu de me rejoindre pas seulement en le félicitant mais en offrant à notre prochain Président notre bonne volonté et nos efforts sincères pour trouver les moyens de nous rassembler et les compromis nécessaires pour gommer nos différences et restaurer notre prospérité, défendre notre sécurité dans un monde dangereux, et laisser à nos enfants et petits-enfants un pays plus fort et meilleur que celui dont nous avons hérité.

    Quelles que soient nos différences, nous sommes tous Américains. Croyez-moi, aucune autre appartenance n’est plus importante à mes yeux.

    Il est naturel de ressentir ce soir une certaine déception. Mais demain, nous devrons dépasser celle-ci et travailler ensemble pour faire avancer notre pays de nouveau.

    Nous nous sommes battu aussi fort que nous le pouvions. Si nous sommes tristes, la faute est mienne et non pas vôtre.

    Je suis sincèrement reconnaissant envers vous pour le grand honneur de votre soutien et pour tout ce que vous avez fait pour moi. J’aurais aimé que la fin soit différente, mes amis.

    La route fut difficile dès le début, mais votre soutien et votre amitié n’ont jamais vacillé. Je ne saurais pas vraiment exprimer combien je vous dois.

    Je suis particulièrement reconnaissant envers mon épouse, Cindy, mes enfants, ma chère mère et toute ma famille, et envers les nombreux et chers amis qui se sont tenus à mes côtés à travers les hauts et les bas de cette longue campagne.

    J’ai toujours eu beaucoup de chance, mais jamais autant qu’avec l’amour et l’encouragement que vous m’avez donné.

    Vous savez, les campagnes sont souvent plus dures pour la famille du candidat que pour lui-même, et ce fut le cas pour celle-ci.

    Tout ce que je peux offrir en échange est mon amour et ma reconnaissance et la promesse d’années plus paisibles.

    Je suis aussi, bien sûr, très reconnaissant envers le Gouverneur Sarah Palin, l’une des meilleures candidates que j’aie jamais vu, une nouvelle voix dans notre parti pour la réforme et les principes qui ont toujours été notre plus grande force, envers son mari Todd et leur cinq enfants, pour leur dévouement sans faille à notre cause, et le courage et l’élégance qu’ils ont montrés dans cette campagne présidentielle cahoteuse et dure.

    Nous attendons tous avec grand intérêt son travail au service de l’Alaska, du parti Républicain et de son pays.

    À tous les camarades de campagne, à Rick Davis, Steve Schmidt et Mark Salter, à tous les volontaires qui se sont vaillamment battu, mois après mois, dans ce qui apparaissait parfois comme la campagne la plus disputée de l’époque moderne, merci beaucoup. Une élection perdue ne comptera pour moi jamais plus que le privilège de votre fidélité et de votre amitié.

    Je ne sais pas ce que nous aurions pu faire de plus pour essayer de gagner cette élection. Je laisserai à d’autres le soin de le déterminer. Tous les candidats font des erreurs, et j’en ai sûrement fait. Mais je ne perdrai pas un instant à regretter ce qui aurait pu advenir.

    Cette campagne fut et restera le grand honneur de ma vie, et mon cœur n’est rempli que de reconnaissance pour cette expérience et pour le peuple américain qui m’a attentivement écouté avant de décider que le sénateur Obama et mon vieil ami le sénateur Joe Biden devaient avoir l’honneur de nous diriger ces quatre prochaines années.

    Je ne serais pas digne du nom d’Américain si je regrettais le sort qui m’a donné le privilège extraordinaire de servir ce pays pendant un demi siècle.

    Ce matin, j’étais le candidat au poste suprême de ce pays que j’aime tant. Ce soir, je reste son serviteur. C’est un honneur assez grand pour quiconque et j’en remercie les citoyens de l’Arizona.

    Ce soir, plus que tout autre soir, je ne garde en mon cœur que de l’amour pour ce pays et tous ses citoyens, qu’ils aient soutenu le sénateur Obama ou bien moi.

    Je souhaite bonne chance à l’homme qui fut mon adversaire et sera mon président. Et j’appelle tous les Américains, comme je l’ai souvent fait durant cette campagne, à ne pas désespérer de nos difficultés présentes mais à croire toujours en la promesse et la grandeur de l’Amérique, car rien n’est inévitable ici.

    Les Américains n’abandonnent jamais. Jamais ils ne se rendent.

    Nous ne nous défilons jamais devant l’histoire. Nous la faisons.

    Merci, et que Dieu vous bénisse, et bénisse l’Amérique. Merci beaucoup à tous. »

    P.S. : pour Barack, allez voir Embruns ;
    pour une cartographie éclairante des résultats, tapez 2 ;
    pour la vidéo sous-titrée, tapez 3.

  • Victoire de Barack Obama

    C’est vraiment dommage pour John McCain. Voilà un centriste, qui a fait la guerre et payé de sa santé, de son sang et de sa jeunesse pour défendre son pays, qui est aimable et intelligent. Et de qui se retrouve-t-il entouré ? Des pires crapules, des républicains les plus épais, des rednecks racistes et démagos ((et une hockey mom complètement abrutie)), qui orchestrent une campagne haineuse. Tellement haineuse qu’à plusieurs reprises, on a vu McCain réellement gêné par de tels supporters. Il fut même obligé de rappeler que si Obama était son adversaire, il avait quand même un grand respect pour lui (sous les sifflets de ses militants). Pauvre Johnny, c’est dur d’être aimé par des cons.

    Barack Obama a remporté une victoire nette et sans bavure, avec un message clair et rassembleur. Il a une position centriste sur beaucoup de sujets et il est intelligent. C’est une campagne sérieuse, très premier degré, qui l’a porté au pouvoir. Ça et un message d’espoir et d’unité. En bref, la grande classe ! C’est toute la force des États-unis, c’est cet aspect que j’aime : une sorte d’ingénuité, d’innocence préservée et de passion pour son pays ; mais pas une passion nationaliste stérile et passéiste, pas d’attachement à des racines mythiques et desséchées. Au contraire, cette Amérique là est un projet, une vision. J’attends sans grand espoir le même sursaut national en France et en Europe, mais je crois que notre vie politique de ce côté du pond a encore pris un coup de vieux.