Catégorie : Belgicisme

  • Retour vers le futur antérieur : la télévision sur mobile

    Vous aimez la télévision ? Vous aimeriez la regarder en dehors de chez vous : dans le train, quand vous faites la file à la poste, dans la salle d’attente de votre dentiste… Avec la télévision numérique hertzienne (la TNT) et les téléphones mobiles à grand écran (les smartphone), il est techniquement possible de le faire.

    Malheureusement, la télévision a un gros problème. Ce n’est pas la qualité la plus souvent déplorable des programmes. Non, le vrai problème, le seul problème d’après les opérateurs de téléphonie mobile, c’est que c’est gratuit. Et ça, mon Dieu, c’est le plus grand crime de la télévision. Imaginez-vous une fonctionnalité disponible sur un téléphone que votre opérateur ne pourrait pas exploiter pour vous rançonner, dont il ne pourrait tirer des bénéfices exagérés, d’autant plus si cette fonction ne lui coûte rien ? Soyons sérieux.

    fail owned pwned pictures

    Heureusement, nos opérateurs sont des « leaders de l’innovation ». Quand on travaille dans la « haute-technologie » en permanence, ce n’est pas étonnant. D’abord, les génies de SFR en France viennent d’inventer le premier forfait bloqué non-stop illimité sans risque de dépassement. On pense à une parodie mais non, c’est très sérieux et tout ça pour vendre les programmes de MTV aux jeunes. Je ne peux m’empêcher de voir à l’œuvre une sorte de darwinisme social, seuls les plus abrutis succomberont à ce genre de proposition. Elle devrait donc rencontrer un grand succès.

    Ensuite, nous avons les « grands innovateurs » de Mobistar en Belgique, qui présentent leur solution de télévision via téléphone mobile. Vingt chaînes sont disponibles via l’iPhone sur le portail dédié à l’appareil. En particulier, toutes les chaînes de la RTBF sont proposées et vous pouvez constater l’enthousiasme béat des vieux pontes de la Télévision d’État.

    Je suis l’heureux possesseur d’un iPhone dernière génération et j’ai donc pu tester cette solution. Le portail, remanié pour l’occasion, est très joli. La qualité de l’image est très moyenne, alors qu’un récepteur TNT portable pourrait offrir une vraie qualité HD. L’offre est bridée et disponible uniquement à travers le réseau Mobistar (pas de wifi). L’offre est très limitée, un peu à l’image de SFR, car elle est au prix de 0,5€ par jour pour 1h maximum. Bref, Mobistar nous propose un grand bond en arrière pour visionner du contenu gratuit ((France 24 est proposée par Mobistar dans leur bouquet, par exemple. Je vous conseille plutôt leur application. Elle vous permettra de regarder la chaîne gratuitement, via la 3G ou le wifi.)) au prix incroyable de 15€ par mois, dans des conditions dignes du web d’il y a 10 ans. Merci de continuer à nous faire rêver. Connards.

    Si j’avais le monopole de l’air, j’en vendrais moi aussi en bouteille.

    P.S. : des précisions utiles sur l’offre Mobistar chez BelgoIT. C’est encore pire que je croyais.

  • Des queues de cerises

    Fin août est arrivé un nouvel opérateur téléphonique mobile en Belgique : Cherry. La sortie s’est faite dans un relatif silence, malgré quelques articles. En effet, le marché belge est mis en coupe réglée par trois familles mafieuses opérateurs. Pourtant, il s’agit d’une première mondiale. La technologie mixte Wifi-GSM est très prometteuse et l’offre commerciale est innovante. Le plus influent d’entre nous (aka Vincent) vous en donnera les détails mieux que moi. ((ainsi que sur le site web, qui tue sa maman, comme d’hab’ 😉 ))

    cerises

    L’indifférence suscitée par l’offre est fort regrettable car cette technologie pourrait à elle seule redéfinir le marché. Elle pourrait. Mais ça n’arrivera pas et ceci pour deux raisons. D’abord, Cherry ne possède ni ne gère d’équipements GSM et doit pour fonctionner acheter des communications en gros à l’un des trois autres opérateurs en place. C’est ce qu’on appelle un MVNO, un opérateur mobile virtuel. Mais à cause de la technologie Wifi, elle doit aussi avoir accès à certains équipements techniques de l’opérateur hôte. Les trois parrains de la Camorra opérateurs vivent sur une confortable rente de situation et n’ont aucun intérêt à faciliter la vie d’un nouvel entrant, surtout s’il a pour objectif de faire diminuer la taille du gâteau.

    Deuxième problème pour Cherry, leur technologie nécessite une modification importante du logiciel des téléphones. Pour l’instant, seuls certains systèmes d’exploitation plutôt milieu ou haut de gamme sont supportés, pour des terminaux en général assez coûteux. Pas de bol, l’iPhone n’est pas encore de ceux-là. Je vous entends déjà dire : quelle surprise ! Mais soyons juste. Si une telle modification du système d’exploitation est impossible sur l’iPhone, ce n’est pas uniquement dû au fait que la marque à la pomme n’aime pas les cerises. C’est d’abord parce que toutes les fonctions de tous les téléphones GSM de la planète sont dictées par leurs clients : les opérateurs GSM.

    Presque partout (sauf la Belgique, d’ailleurs), les associations de malfaiteurs opérateurs subventionnent les appareils. Ils possèdent la clé d’entrée de leur réseau et protègent leur rente avec la dernière avidité. Chaque appareil est doté d’un numéro identifiant unique (le fameux IMEI) et peut être localisé ou banni du réseau. Pour des raisons techniques, bien sûr… Bref, si vous n’avez toujours pas de télévision numérique terrestre sur votre mobile, c’est à cause grâce à eux. Tout cela augure assez mal du succès commercial de Cherry, malgré une technologie remarquable. À moins qu’ils soient absorbés par l’un des opérateurs (je vous laisse deviner) mais c’est une autre histoire…

    Fais-moi du couscous chéri, par Richard Gotainer

  • Visite éclair au BetaGroup #11

    Après m’être longuement perdu dans le campus du Solbosch, j’ai finalement atterri dans l’auditoire Chavanne pour écouter les deux dernières présentations. Pascal a fait un très bon résumé du BetaGroup sur BelgoIT, je vais juste donner mes impressions :

    • Radionomy me rappelle furieusement la blague de xkcd sur la synthèse vocale des commentaires YouTube. L’intérêt est donc énorme, on va enfin se rendre compte de l’inanité de ce qu’on écrit sur twitter et facebook. Merci.
    • Percussa, on dirait le nouveau nabaztag. Un truc de niche qui sombrera bien vite dans l’oubli.
    • Razwar m’a rappelé l’époque des startups 1.0. Pas sûr que ça rencontre un succès autre que d’estime.
    • Cherry est une très chouette techno qui se fera évidemment génocider par nos amis les opérateurs mobiles pour préserver leur rente de situation. Les investisseurs peuvent espérer se faire acheter/enterrer. Aux collaborateurs, je conseille de commencer à chercher du boulot…
    • Karzoo fait du co-voiturage et Nearyoo de la géolocalisation. Moi je vois une synergie. Deux services sympas qui ne gagneront probablement jamais assez d’argent pour durer.

    Sinon, on a parlé web et bu de la bière. Une bonne soirée, donc…

    Pour finir, on signalera que plus d’infos sur les membres et les activités sont disponibles sur le site du BetaGroup, les vidéos des présentations sont chez RTBF Labs et que le test des rasoirs Razwar (mouarf) a été réalisé au péril de son épiderme par somebaudy.

    EDIT – P.S. : je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas lui sauter dessus. Je m’assagis avec les années… :-p

  • Concours de bites

    Suite à la sortie en Belgique du nouveau smartphone HTC Magic basé sur le système Android de Google, mes amis geeks ont organisé un chouette concours de bites. Comme d’habitude, c’est celui qui a la plus grosse qui gagne, alors : votez pour moi !

    Rendez-vous le mardi 23 juin au Café Central (Bruxelles) à partir de 19h.

  • Oui c'est vrai, on a souvent toujours raison

    Le podcast marche d’enfer, grâce à Tom et à toute l’équipe. Même les stars parlent de nous. ^_^

    Retrouvez-nous en direct tous les jeudi à 19h30.

  • La nouvelle Golf GTI : le test

    J’ai reçu par la poste un colis contenant un nouveau produit ! En tant que blogueur influent de la twittosphère franco-belgistanaise, je me devais de le tester tout de suite…

    http://qik.com/swfs/qikPlayer4.swf

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    Vous trouverez les noms des coupables par ici.

    Joli coup, bravo ! 🙂

  • Journalisme en ligne

    J’ai pu assister à la présentation des travaux de Mathieu sur le journalisme en ligne. Les résultats sont encore préliminaires mais quelques idées ont retenu mon attention.

    On peut faire une distinction assez nette entre, d’une part, le journaliste professionnel qui publie son travail sur le web, et d’autre part, le journaliste-citoyen qui co-élabore l’information avec ses lecteurs.

    Motivations du journaliste en ligne.

    Les journalistes en ligne expriment quatre motivations principales pour publier en ligne :

    1. L’indépendance économique et sociale. Le but est d’éliminer les obstacles à la publication en publiant à moindre coût et en s’affranchissant d’une certaine endogamie du milieu journalistique traditionnel (homogénéité culturelle et sociale).
    2. Les bénéfices relationnels. Le journaliste en ligne veut augmenter son réseau et la qualité des liens qui le composent, avoir un accès direct et bi-directionnel à des opinions diversifiées et à des experts.
    3. Les gains économiques. Le journaliste en ligne retire peu de gains économiques immédiats. En revanche, il peut espérer à terme gagner en indépendance, en popularité et en opportunités. Par exemple, faire du trafic est un moyen de monétiser son travail en ligne, même si la course à l’audience a une influence sur la qualité du travail éditorial. Le journaliste peur aussi espérer gagner en expertise sur un domaine de compétence particulier, dont il pourra retirer des gains économiques. La possibilité de gagner sa vie comme journaliste en ligne est une question cruciale, mais encore loin d’être tranchée.
    4. Les motivations idéologiques. C’est la volonté d’offrir une presse d’opinion indépendante. Certains journalistes veulent pouvoir exprimer une opinion minoritaire (extrême ou subversive), répandre leurs idées en dehors des canaux traditionnels trop régulés et considèrent la presse traditionnelle comme consensuelle.

    Quel journaliste êtes-vous ?

    De différentes entrevues avec des journalistes en ligne belges francophones, Mathieu a tiré quelques caractéristiques/portraits types :

    • Son rapport à l’institution : journaliste pro ou amateur ?
    • Sa vision de l’économie : corporatiste / défenseur du droit d’auteur traditionnel ou libre-échangiste / libriste ?
    • Son rapport à la technologie : le web n’est qu’un outil de publication ou bien il structure la pratique (journalisme de liens, blog, etc.) ?
    • La narration : prétention objective ou journalisme gonzo ?
    • Le type de papier : grand reportage (information) ou édito (opinion) ?
    • Sa spécialisation : généraliste ou spécialiste ?

    On peut donc s’amuser à dresser le portrait d’un journaliste en ligne selon ces critères. Si je vous dis : journaliste pro, libriste, investi dans les nouveaux outils, plutôt objectif, faisant du reportage généraliste à tendance web, vous pensez à qui ? 😉

    Mise à jour du 7 avril : les slides le présentation « Journalisme à l’épreuve des blogs, par M. Simonson », avec l’aimable autorisation de l’auteur.

  • Leave Anne-Marie Alone!!!

    Avec sa batterie de casserole, elle aurait pu ouvrir un restaurant. Elle aurait sans doute cumulé cette fonction avec toutes les autres mais elle a décidé de prendre un peu l’air en démissionnant. Certains diront que ça leur fait des vacances, moi je dis : Leave Anne-Marie Alone!!!

    Leave Anne-Marie Alone!!!

  • Quoi d'autre ?

    Georges cite une chronique de Rik Torfs dans Le Soir de jeudi, où il donne quelques arguments contre le rattachisme. Je trouve ces arguments d’assez mauvaise foi. Voyons pourquoi…

    • Le choix du rattachisme est émotionnel. Certes. Mais alors pourquoi en donner deux bonnes raisons ?
    • Le désir de faire partie d’un grand pays. Un choix tout à fait raisonnable, auquel Torfs voit plus d’inconvénients que d’avantages : « mieux vaut, bien souvent, ne pas être trop grand ». Mais alors pourquoi rappeler que la France est plutôt une puissance moyenne ?
    • Faire partie d’une nation francophone. Voilà encore une excellente raison ! On se comprend mieux, on renforce l’affectio societatis, bref, on est entre soi. Mais Torfs remarque : « l’unilinguisme nourrit la pauvreté intellectuelle ». Péremptoire, cette affirmation aurait mérité quelques éclaircissements. Quelle richesse intellectuelle insoupçonnée a pu jaillir du débat communautaire et linguistique ces dernières années ? Quelle féconde dialectique a surgi du débat entre le nord et le sud, à part les invectives et les humiliations ? Faut-il donc ne pas se comprendre, ne pas se connaître pour mieux vivre ensemble ? Torfs a raison, une scène de ménage est beaucoup plus intéressante quand l’un et l’autre ont cessé de se comprendre…
    • Le rattachisme est un provincialisme. Toutes les raisons historiques et culturelles au rattachement ne sont donc que du provincialisme mal digéré ? Imaginer seulement rejoindre une nation plus grande, aux valeurs encore universelles (malgré tout), c’est donc faire preuve de petitesse, de repli ? J’avoue que j’ai du mal à comprendre.

    C’est l’amour de la Belgique (de son cadavre) qui fait parler Torfs. Ces émotions l’égarent tout autant que les rattachistes.

  • Et de quatre…

    Quatrième démission du Premier ministre belge. Décidément, Leterme accumule les fausses couches.

    Mateusz décrit la funeste soirée heure par heure, Jean Quatremer explique tout ça à mes compatriotes d’outre-Quiévrain, et sur twitter, on trouve quelques perles…

    • Christophe : « Pour que la Belgique s’achete un gouvernement sur eBay http://tinyurl.com/4jgzpd »
    • Frédéric : « C’est une idée ou ça fait deux années de suite que @premier pourrit les vacances de Noël de notre roi? »
    • Moi (vu quelque part) : « La Belgique est un sport qui se joue à six équipes et où le Premier ministre démissionne toujours à la fin. »

    Mateusz a relevé la plus belle banderille, de la part de Christos Doulkeridis sur Facebook : « [je] rappelle que Leterme démissionne plus ou moins tous les six mois. La dernière fois, c’était fin juillet ». Méchant, certes, mais avec trois jours d’avance. Délicieux.

    Le compte est bon, je crois… En tout cas, Leterme est bien fini.