Top 10 des hommes et femmes politiques sur twitter

J’ai fait un relevé des hommes et femmes politiques belges sur twitter le 15 juin. Voici le top 10 en nombre de followers.

  1. Vincent Van Quickenborne, 7773 followers, ministre connecté
  2. Yves Leterme, 7429 followers, loser magnifique
  3. Alexander De Croo, 5145 followers, tombeur
  4. Jean-Michel Javaux, 3636 followers, vendeur de pastèques
  5. Didier Reynders, 3615 followers, commandant du Titanic
  6. Elio Di Rupo, 3168 followers, futur Premier de l’ancienne Belgique
  7. Paul Magnette, 1583 followers, dépollueur à Charleroi
  8. Sven Gatz, 1223 followers, bruxellois minoritaire
  9. Bart Staes, 950 followers, alter parlementaire européen
  10. Philippe Bossin, 943 followers, jeune pousse encore verte

Belgique, invasion des profanateurs de sépultures

On vit vraiment une époque formidable…

« Dans l’imaginaire des enquêteurs, il y avait quelque part dans l’archevêché une armoire dans laquelle étaient contenus tous les dossiers sulfureux de l’archevêché. Et comme nous disions que cela n’existe pas (et nous le disons parce que cela n’existe pas), et qu’on ne nous croyait pas tout à fait, et bien on est allé jusqu’à emporter toutes les archives du cardinal Danneels, jusqu’à perforer des tombes dans la cathédrale. Cela me paraissait être du roman… »

Mgr Léonard, archevêque de Bruxelles-Malines

On lira avec profit le billet de Koz à ce sujet. Il n’y a, malheureusement, rien à y ajouter.

Élections, piège à…

Dimanche, c’est journée électorale en Belgique. J’entends beaucoup de mes amis se demander pour qui ils vont voter. Comme je ne suis qu’un immigré ici, je n’ai pas ce choix difficile à faire. Heureusement, d’ailleurs.

La campagne a été courte et molle. Personne n’a vraiment abordé les deux seules questions qui valent, sauf à coups de slogan. La première, c’est la question socio-économique. La deuxième, c’est la question communautaire.

Le problème, c’est qu’on ne peut pas régler la première sans régler la seconde. Je suis convaincu qu’une majorité silencieuse des Belges n’en a rien à caler, mais le pays est divisé culturellement et politiquement. Cette majorité n’est donc pas représentée et tout le monde subit la dictature des minorités agissantes : un vrai deal perdant-perdant.

Le résultat ? À défaut de voter pour un projet, la plupart des électeurs voteront pour leur couleur, en fonction de leurs affinités. D’après les sondages, cette situation nous garantit une solide victoire du PS en Wallonie et des nationalistes en Flandre.

Bon courage…

Deux leçons de communication politique sur twitter

La campagne électorale bat son plein en Belgique. C’est une sorte de blitz médiatique et politique, provoqué par la chute inattendue du gouvernement. Toutes les initiatives de communication des hommes politiques sont donc suspectées de n’être que des coups.

Dans ce contexte, Christos Doulkeridis vient de lancer son blog. On pourrait hâtivement taxer l’initiative d’opportuniste, même si le projet est dans les cartons depuis plusieurs mois. Avec quelques autres twittos, j’ai été invité jeudi dernier à discuter avec lui au sujet de sa communication sur le web et les réseaux sociaux. La discussion fut très intéressante pour plusieurs raisons. D’abord car les personnes présentes n’étaient pas là pour lui cirer les pompes. Ensuite car Doulkeridis est un type intelligent et qu’il est très intéressé par la communication chez Ecolo, le parti écologiste belge francophone.

Exemples de discussion sur twitter

Durant la conversation, on se remémorait en particulier un petit clash arrivé sur twitter un dimanche soir (ci-dessous). On voit que Doulkeridis réagit vivement à un message un peu limite (et inutilement méchant). Vous pouvez constater que l’incompréhension une fois dissipée, tout le monde a appris quelque chose sans perdre ni la face, ni son sang-froid.

Discussion avec Christos Doulkeridis

Un exemple complètement différent avec Rudy Demotte, ministre-président de la Région wallonne (3,5 millions d’habitants, quand même). J’ai plutôt de l’estime pour les qualités intellectuelles et morales de Rudy Demotte mais je dois avouer que son comportement sur twitter est assez mauvais, voire contre-productif.

Rudy Demotte se lâche sur twitter

On voit qu’une simple remarque, un peu sévère peut-être, déclenche une série de tweets particulièrement nulle de la part de l’ami Rudy. J’avoue que j’ai pris ensuite un malin plaisir à l’allumer avec mauvaise foi. Il fallait parler plus gentiment à Yann. 😉

Quelles leçons en tirer ?

La première et plus importante leçon, c’est qu’il convient pour un personnage public de garder son sang-froid. Qu’on soit sur twitter ou un plateau de télévision, il faut éviter de s’énerver car celui qui crie a toujours tort.

Deuxièmement, contrairement à la télévision, on peut choisir son adversaire, sa conversation et à qui on répond. Il vaut mieux passer les controverses stériles et participer aux conversations constructives.

Troisièmement, si on passe son temps sur les réseaux sociaux, on finit par établir une relation de confiance basée sur le contexte ou la personnalité des interlocuteurs. Si Doulkeridis avait lu au fur et à mesure les tweets de son interlocutrice, il aurait bien vu que c’était une petite pique humoristique (ou du moins inoffensive). Si Demotte avait pris la peine de lire un peu mieux son interlocuteur, il aurait sans doute remarquer que c’était un conseil de communication (qui venait d’un professionnel, d’ailleurs) plutôt qu’une attaque gratuite.

Quatrièmement, l’engagement sur twitter prend du temps. Je ne suis pas convaincu que ce medium soit pertinent pour un homme politique, surtout en campagne. Demotte reconnait lui-même qu’il est plus à l’aise sur Facebook. J’ai entendu la même remarque de Doulkeridis.

Finalement, sur twitter, « la Mecque des réseaux sociaux », comme sur les réseaux sociaux en général, les utilisateurs cherchent soit un vrai talent de plume, soit un minimum d’authenticité. Bombarder sa timeline de photos de campagne pour affirmer, une fois qu’on vous le fait remarquer, que vous n’êtes « pas un stratège obsédé par des calculs électoraux », c’est un peu prendre les gens pour des imbéciles. C’est donc rigoureusement à éviter.

EDIT : Sur la manière de sélectionner ses adversaires à la télévision, vous pouvez consulter le très bon billet de Paminaaah à ce sujet. Décidément, sur twitter, il n’est pas toujours simple de répondre aux questions…

L'avenir de la presse en ligne belge francophone

Le café numérique du mercredi 26 mai a rassemblé la fine fleur de la presse web francophone belge : Yves Thiran (rtbf.be), Philippe Laloux (lesoir.be), Ralph Vankrinkelveldt (dh.be), Jean-Jacques Deleeuw (RTL), Philippe Siuberski (AFP) et Fabrice Lambert (BFM Today). Le débat portait sur l’avenir de la presse en ligne. Ce que j’en ai retiré, en vrac :

  • La presse belge se porte plutôt relativement mieux que la presse française. Cela tient à une structure économique assez différente et à une habitude de consommation de la presse sans doute plus forte en Belgique. La presse belge francophone ne touche pas de presque aucune subventions (voir EDIT infra). Les télévisions privées sont chichement dédommagées depuis l’apparition de la pub sur les chaînes publiques.
  • La RTBF a servi de piñata géante, il ne manquait qu’un orchestre de mariachis. En effet, en tant que radio et télévision publique, elle touche une manne substantielle. La presse belge a donc déclaré la guerre au site web d’information de la RTBF.
  • La réflexion sur l’avenir du métier est assez peu avancée : dix ans de retard sur les États-Unis, deux ans de retard sur la France. En particulier, la réflexion sur les différences fondamentales entre le journalisme « traditionnel » et le journalisme web semble être au niveau zéro. On a pas entendu parler de data journalism, de gonzo journalism, de personal branding pour les journalistes, de lol journalism, etc.
  • La réflexion sur les modèles économiques ne va pas beaucoup plus loin. On remarquera que le site du Soir vient d’atteindre le break even. Pour le reste, la plupart de ces messieurs croient toujours qu’ils pourront proposer des abonnements. J’ai bien peur que pour la presse généraliste, ce soit impossible.
  • Enfin, un big up à Fabrice Lambert qui a eu le culot de lancer BFM Today, un vrai magazine 100% web. Certes, l’aventure s’est terminée récemment mais l’échec est toujours la condition du succès. Je lui souhaite bon vent.

EDIT: Voir aussi « Quel avenir pour la presse online » – Débat à deux balles (dans le pied) par brasjul

En ce qui concerne les subsides à la presse, l’aide totale se monte à presque 7 millions.

Les Témoins de la Java

La confrérie des Témoins de la Java, bruxelloise mais pas bruxello-centrée, vous apporte la bonne parole en matière de musique, de littérature et de ripaille, toujours fidèle à sa devise : « ne vous emmerdez plus, emmerdez les autres ! »

L’objectif poursuivi est simple : prodiguer un évangélisme aussi varié que différent sur la réalité, communier sur des billets sucrés-salés et ce, bien loin des couvertures traditionnelles et des publireportages. Entre le blog et le journal, nous prêchons des versets passionnés et, parfois, sulfatés sur la réalité quotidienne et sans frontières.

Les Témoins de la Java

Les plumes sont acérées et exigeantes. On peut ne pas être d’accord. Rappelez vous seulement que choisir, c’est faire preuve de goût.

Liquidation totale avant fermeture

« Il n’est pas possible de négocier avec des nationalistes, parce qu’ils ne reviendront jamais sur un fait acquis pour eux (la “frontière linguistique”), et ne respecteront jamais les concessions qu’ils font (les facilités) si celles-ci ne servent pas leur idéal national. Négocier avec des nationalistes revient à grimper marche par marche un escalier mobile pour espérer monter dans un avion qui est déjà parti. »

Belgique ou bien démocratie, à nous de choisir (Marcel Sel)

Je considère que la nation peut être un cadre commode pour l’expression de la démocratie, quand elle est basée sur l’adhésion aux valeurs et non pas l’appartenance « ethnique ». La nation française ou la nation américaine se sont constituées, de manière littéralement révolutionnaire, sur des valeurs inclusives et pas sur le droit du sang. Même si, en France en tout cas, ces idéaux généreux ont été un peu dilués ces dernières années dans le sang impur et la méfiance de l’étranger, les nationalistes flamands n’ont en revanche aucun scrupule : ils bafouent les droits de la minorité francophone sans vergogne. Ils ont aussi contaminé une bonne partie du discours politique et des représentations, au point de rendre cette crise à la fois inévitable et insoluble. Il est temps de changer de perspective et de choisir radicalement le camp de la démocratie. Quitte à en finir avec la Belgique ?

La maison web : charpente et peinture

Vendredi et samedi se tenait le WIF Belgium, la manche belge du Webdesign International Festival, organisée par l’agence web namuroise Dogstudio. Durant deux jours, on pouvait assister gratuitement à une série de conférences et ateliers. Mais surtout, durant la Webjam, des équipes belges s’affrontaient pendant 24 heures pour créer un site web. L’épreuve consistait à imaginer le nouveau portail belgium.be. Les vainqueurs gagnent un voyage à Limoges pour la finale. On ne fera pas de blague sur Limoges, c’est pas si pire.

Après quelques abandons pour des causes diverses (fatigue, bière, jeux en réseau), cinq prix ont été attribués. Le prix du jury revient à l’équipe Lost Boys, qui propose de reconstruire la Belgique avec beaucoup d’humour. Le prix des étudiants revient à l’équipe Leser de l’HEAJ, qui démontre de belles qualités techniques. Le deuxième prix revient à l’équipe EPIC, pour leur idée d’application iPhone en réalité augmentée qui, si elle suit la tendance, est très bien réalisée. Enfin, le premier prix revient à l’équipe Pfaff Staff pour leur interprétation très drôle et décalée du sujet, puisqu’ils vous proposent de vous offrir un belge à vos mesures (la livraison en 24 heures est possible). La qualité graphique est remarquable et fourmille de bonnes idées.

Bigger Than Pixels

On soulignera la performance des copains de Bigger Than Pixels (@gregone@exibit et @mychacra ici en photo ((Photo de paperjam / CC BY 2.0))). Vous pouvez suivre leurs aventures sur leur tumblr. Ils ont interprété le sujet de manière beaucoup plus classique, mais aussi beaucoup plus intéressante, à mon avis. En effet, un tweet de Roald Sieberath, serial entrepreneur belge bien connu, m’a inspiré la rédaction de ce billet :

Web in Belgium: les charpentiers à Bruxelles (#fosdem) et les décorateurs à Namur (#wifbelgium).

Si le parallèle entre le FOSDEM, le forum international des geeks purs et durs, et le WIF est amusant, l’analogie avec la construction est limitée. Une maison, ce n’est pas qu’une charpente et de la peinture. Je ne voudrais pas faire mon chieur (juste un peu) et je félicite sincèrement tous les candidats et les lauréats pour leur superbe travail et Dogstudio pour l’organisation. On remarquera quand même que les lauréats du WIF, s’ils ont réalisé avec talent de très belles décorations, n’ont pas jugé utile de s’intéresser au plan de la maison, à l’inverse de Bigger Than Pixels (par exemple). Il me semblait que le design, c’était la forme et la fonction.

P.S. : la liste des participants et leurs projets sont par là, jetez-y un coup d’œil. 🙂

Lettre à Brecht

J’ai reçu tout récemment un courrier rébarbatif, pour ne pas dire comminatoire, de la part de Brecht. Dans ce courrier, il précise :

La nature de vos activités nous fait supposer que vous mettez régulièrement des phonogrammes à la disposition du public moyennant la technique connue sous la dénomination ‘podcasting’.

En annexe vous trouverez les tarifs qui couvrent l’usage de ces phonogrammes. Si vous envisagez de commencer à offrir des phonogrammes par podcasting, vous serez à même de bénéficier d’une ristourne de départ de 30% sur les tarifs normaux pour la première année d’exploitation. Pour les deuxième et troisième années, les ristournes s’élèvent à 15% et 5% respectivement.

J’ai omis de vous dire que Brecht n’est pas un ami. Il travaille pour une sorte d’organisation chargée de rançonner collecter de l’argent au nom des ayant-droits de l’industrie musicale. Comme il est apparemment très généreux (30% !), je me suis cru dans l’obligation de lui répondre :

Bonjour Monsieur,

Je suis l’animateur et producteur de l’émission radiophonique Homosphère diffusée sur RUN (107.1MHz à Namur), radio culturelle et d’expression. Le but de Homosphère est d’aborder des sujets liés à l’homosexualité et plus largement aux questions de genres, avec dès que possible un ton décalé. Dans ce cadre, je mets à disposition les enregistrements de certaines émissions sur le site de l’émission. Ces enregistrements ont été montés afin de supprimer les passages musicaux diffusés à l’antenne. Par conséquent, seules les voix des autres chroniqueurs de l’émission, des invités et la mienne subsistent sur ces enregistrements. En tant que producteur de l’émission, j’en suis donc également l’ayant-droit exclusif.

En conséquence, d’après vos tarifs, en prenant l’hypothèse d’une centaine de téléchargements par émission et sachant qu’il y a plus de 50 épisodes disponibles, je considère que c’est vous qui me devez, cher Monsieur, la somme de 50€. Je vous prie d’effectuer le règlement de cette somme dès réception de la facture que je ne manquerai pas de vous faire parvenir.

Très cordialement,

G., animateur et producteur de l’émission Homosphère.

Je suis donc resté très poli.

Manger des insectes, la revanche de l'Homme sur l'asticot

Je ne connaissais pas Pecha-Kucha. Le principe est simple : 20 slides, 20 secondes par slide. Pas une de plus. On y parle de créativité, de design, d’architecture, d’art, de la société et de ce qui l’agite. Le mot signifie « blabla » en japonais. À l’occasion du Brunch Pecha-Kucha dimanche dernier, j’ai pu écouter, entre autres : les futurs projets de la TAG présentés par Christophe et le projet Humours du monde, un bel hommage poétique à Saint-Josse par Paul Hermant, et les chansons anars et drôles de Gaëtano.

Mais j’ai aussi eu l’occasion de déguster des insectes. Oui, des insectes. Vivants ou frits. Je vous présente d’ailleurs Marcel, avec lequel j’ai un peu sympathisé. Il n’a pas beaucoup de conversation, Marcel. J’ai finalement préféré le manger. Il vaut mieux ne pas trop sympathiser avec la nourriture.

Quels sont les avantages de manger des insectes, me direz-vous ? D’abord, c’est très riche en protéines, bien plus que la viande. Ensuite, ça goûte la noix, la noisette, la châtaigne, le marron, que des bonnes choses. Enfin, considérant que des milliards de frères humains luttent au corps-à-corps tous les jours contre la vermine et que le destin de notre enveloppe charnelle est d’être à son tour dévoré par des insectes, j’avais un peu l’impression d’être l’exécutant de la Justice cosmique. Ce fut donc une très agréable expérience.

Prends ça dans ta gueule, Marcel.