Auteur/autrice : francbelge

  • La différence

    J’ai l’impression confuse que la nation est le contexte le plus adapté à la démocratie. Si la démocratie nécessite théoriquement l’expression libre des opinions, la liberté d’association ou le droit de vote, il existe aussi des conditions pratiques à son exercice. Un temps donné (par exemple le jour de l’élection) et un espace déterminé (le pays et ses frontières, l’espace de débat d’une assemblée, un bureau de vote) sont des limites nécessaires à l’existence d’un pratique démocratique. Il faut reconnaître que la nation est, dans ce cas, une entité commode. Elle définit l’espace et les individus qui s’inscrivent dans le champ de la démocratie, elle fournit aux citoyens une culture, une langue et des aspirations communes, qui transcende l’ethnie ou le village. Elle fournit en fait une distinction, une différence, un choix entre nous et les autres qui n’est pas basé sur des critères strictement biologiques.

    Dans une époque qui se refuse à choisir, à préférer, à discriminer, cette idée qu’il existe une communauté singulière indivisible ((une communauté d’élection, c’est-à-dire qui a choisi de se constituer elle-même)) qui sépare ceux qui la composent du reste de l’humanité est pour certains insupportable. Et pourtant, que ce passe-t-il si l’on supprime cette distinction ? Qu’advient-il si l’on supprime les frontières ? Dans ce monde globalisé, où s’exprime concrètement la démocratie ? Nulle part. L’ONU ? L’OMC ? Le parlement européen ? Ils sont plus éloignés des citoyens, et ceux-ci les considèrent comme moins démocratiques. En élargissant l’espace de la démocratie, il me semble que son efficacité diminue. Existe-t-il un nouveau périmètre post-national permettant un fonctionnement démocratique ? That is a fucking good question…

  • Franc belge dans tes oreilles – podcast et radio

    Deux petites pubs pour ceux qui y auraient encore échappé :
    Homosphère, la planète d’un autre genre. Une émission que j’anime un lundi sur deux sur la RUN, qui parle des pédés, des gouines, des trav, des trans et toutes ces sortes de choses. Moi-même, si je ne me retenais pas, je deviendrais hétérosexuel, c’est dire ! Disponible en podcast.
    On a toujours raison, le meilleur podcast du monde connu. Où l’on parle de tout et de rien dans une ambiance détendue et alcoolisée. On espère franchement finir le prochain en se tapant dessus.

    Rhoo et puis Carte Blanche, l’excellente émission du dimanche soir sur la RUN, pour laquelle je ne suis responsable de rien mais que tous mes vœux accompagnent.

  • Réparation de l'iPhone

    Voilà, c’est fait. Il fallait bien que je m’en sépare un jour. Ses capteurs de proximité et de luminosité ne fonctionnaient pas. Il fallait donc l’envoyer en réparation.

    Je passe ce soir à la boutique Mobistar (rue de Fer à Namur). Très pro et serviables. Rien à dire. Je précise les symptômes, ils essaient les manipulations habituelles (réinitialisation) mais il est clair que mon téléphone ne fonctionne pas. Après avoir lancé l’effacement des données (toute ma vie est dans ce téléphone, quand même…), je récupère ma carte SIM.

    Temps prévu pour la réparation : 3 ou 4 semaines. On me conseille de rappeler dans 15 jours, au cas où.

    Le compte à rebours est lancé. Rendez-vous dans deux semaines.

    Ahhh… Mon iPhonounet me manque déjà. 😀

  • Géologie, histoire et politique : pourquoi Obama a gagné le sud

    Via kottke, je suis tombé sur un article fascinant à propos de la victoire de Barack Obama dans le sud-est des États-unis. L’auteur y explique comment les dépôts sédimentaires de la fin du crétacé ont fourni au dix-neuvième siècle un sol fertile à la production cotonnière et a favorisé la concentration des esclaves noirs. Ce qui cent cinquante ans plus tard fournira la base électorale du prochain président américain. C’est l’analyse politique la plus crédible que j’ai lue ces jours-ci.

  • Journée mondiale des toilettes

    Aujourd’hui, c’est la journée mondiale des toilettes ! L’idée me paraît excellente. Des milliards de gens luttent chaque jour contre les mouches et la vermine pour satisfaire un besoin essentiel. Ils défendent l’intégrité de leur corps dans des conditions précaires. Les toilettes sont une solution simple, hygiénique et confortable pour améliorer la santé de millions de personnes. Et ça vaut bien un petit geste. (plouf)

    [Via Vinvin]

    P.S. : J’ai l’honneur de porter le nom d’un modèle de toilettes. Vole, petit caca de lumière ! 😀

  • Daily Grind

    Réunion. Café. Article à écrire. Article écrit. Nouveaux articles en préparation. Réunion pour la recherche. Réunion pour l’enseignement. Réunion pour organiser les prochaines réunions. Café. Chocolat. Rêveries. Musique. Famille. Amis. Insomnie. Plaisirs (souvent). Déplaisirs (parfois). Agacement. Plénitude. Dieu. Rien.

  • Marketing et liberté d'expression

    « L’homosexualité est devenue une marque déposée, celle d’un fond de commerce, électoral et lucratif… Toute critique à l’encontre de la gayitude est un acte anti-marketing. Ça ne pardonne pas. Tout le monde est invité à défiler en rangs serrés à la gay pride, sous peine de passer pour le dernier fachoïde venu. Car le pédé est essentiellement festif et démocratique – et ce n’est pas Jorg Haider qui dira le contraire, de toute façon, même s’il le voulait, il ne pourrait plus. »

    Trudi Kohl, Causeur

  • Tu veux visiter ?

    J’ai toujours été fasciné par les problèmes de communication. Je suis enfermé en moi-même, dépendant des mécanismes cérébraux pour interpréter le monde, dans cette caverne où j’aperçois ses reflets. Mon seul outil pour échapper à cette prison intérieure sont mes sens débiles, mes quelques milliards de synapses limitées. Le cosmos est projeté par mes sens et réduit en ce misérable espace qu’est mon cerveau, qui fait de son mieux pour en filtrer les signaux et le rendre intelligible, accessible à la raison, à celui qui dit je. Et nous sommes tous prisonniers de la même manière, uniques. Jamais aucun être n’a existé qui fut moi avant moi, et après moi personne ne sera jamais moi. Et par cette magnifique capacité réflexive dont est dotée notre espèce, même « je » est parfois un autre.

    Alors les pathétiques grognements qu’on nomme langage, que peuvent-ils ? La voix dit oui et le corps non. Nos mots gémis sont noyés dans l’immensité. Comme des petites îles qui communiqueraient par des signaux de fumée, nous sommes tous entourés par un océan d’incommunication. Est-il alors possible de connaître l’autre ? De seulement le comprendre ? De l’aimer ? Cela semble inaccessible. Et pourtant !

    Une conversation sur un forum m’en donnait l’illustration : « Super dîner de famille. Seul hic, j’étais la seule célibataire. […] J’ai eu peur de ne jamais trouver personne, de ne jamais aimer ni être aimée. »

    J’étais ému par cette sourde angoisse de célibataire, mais je me suis empressé de la réconforter. Je lui assurais qu’il ne fallait pas avoir peur, car la vie est beaucoup plus simple qu’il n’y paraît. Oui c’est vrai se sentir seul, c’est chiant… Moi, je suis plutôt solitaire, je me supporte assez bien et je peux rester des heures à regarder le plafond sans m’ennuyer. J’ai la chance d’avoir une famille compréhensive et j’ai pour l’instant toujours réussi à éluder la question qui tue : quand c’est que tu nous présentes quelqu’un ?

    Mais c’est aussi vrai que s’endormir dans les bras de quelqu’un, penser à lui à n’importe quel moment et s’apercevoir que c’est réciproque, c’est vachement bien. Il suffit de faire quelques efforts, rencontrer des gens et on finit par tomber sur quelqu’un de bien, avec qui l’on a envie de passer du temps (et pas que tout nu). On est toujours surpris, certaines personnes paraissent inaccessibles et, c’est bizarre, on se rend compte qu’on ne laisse pas insensible. On a l’impression d’être nul, de ne pas être clair, d’être « sympa mais bof » et puis finalement, on est à côté de la plaque.

    Et j’ai conté cette anecdote :

    Quand on s’est rencontré, on a passé une excellente soirée, bu un verre et rit beaucoup. Arrivé chez moi, on s’est dit à bientôt en se promettant de se rappeler. Me suis dit que c’était raté, zut, flute, crotte. Pas grave… On va persévérer, hein ? Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, toussa…

    Je pensais pourtant avoir été clair, non ? « Tu veux visiter ? », c’est clair, bordel !

    Bah en fait, il est retourné chez lui, on a continué à discuter sur msn 15 minutes, et puis il a rappliqué en courant. On croit qu’on est mauvais, mais c’est pas vrai. La prochaine fois (hi hi ^_^), je parlemente plus, j’embrasse direct.

    Finalement, la communication fonctionne pas trop mal. Suffit d’être explicite. 😛

  • Sortez les guitares

    Moi aussi, je peux faire la pochette de mon premier album. Comme matoo.

    Le nom du groupe ? Behavioural confirmation.

    La citation ? “It will be found an unjust and unwise jealousy to deprive a man of his natural liberty upon the supposition he may abuse it.” Georges Washington

    La photo ? Une image floue (CC-By) de booleansplit.

    La pochette ?

    Le genre de musique ? Électro cool, mais sur des modes à transposition limitée et des rythmes indiens bizarres. 😀

    Sinon ? Vous sentez cette odeur ? Ça sent le week-end à plein nez !

  • Vous n'aurez pas ma liberté de penser (des conneries)

    Le jugement condamnant en appel Christian Vanneste a été cassé. Ce monsieur est certes un troll velu mais il a le droit de penser ce qu’il veut. Il a, de mon point de vue, également droit de le dire. Que son opinion soit ridicule, que son avis soit teinté de préjugés rétrogrades m’importe peu.

    J’en ai assez (genre plein le c**) des ces lois mémorielles, de cette bien-pensance codifiée, réglementée. Si je veux insulter les noirs ou les homos, c’est mon droit : si le ridicule ne me tue pas, je crois qu’il discréditera suffisamment mes propos. Et bien je souhaite qu’il en soit de même pour ce monsieur. D’ailleurs, je suis tout à fait favorable à une stricte égalité des homos devant le mariage. Et pourtant, je n’en ai rien à secouer et n’en voudrais pas pour moi-même.

    Ces textes qui interdisent de proférer des horreurs sous peine d’amende et de prison sont immoraux. Ils nient la liberté fondamentale de l’Homme : celle d’être un connard et de le démontrer de manière univoque devant tout le monde. Comme ce monsieur.

    P.S. : Chafouin en parle mieux que moi ;
    Eolas en parle encore bien mieux que nous deux (au carré). Chuis en retard d’une guerre, apparemment.