Georges cite une chronique de Rik Torfs dans Le Soir de jeudi, où il donne quelques arguments contre le rattachisme. Je trouve ces arguments d’assez mauvaise foi. Voyons pourquoi…
- Le choix du rattachisme est émotionnel. Certes. Mais alors pourquoi en donner deux bonnes raisons ?
- Le désir de faire partie d’un grand pays. Un choix tout à fait raisonnable, auquel Torfs voit plus d’inconvénients que d’avantages : « mieux vaut, bien souvent, ne pas être trop grand ». Mais alors pourquoi rappeler que la France est plutôt une puissance moyenne ?
- Faire partie d’une nation francophone. Voilà encore une excellente raison ! On se comprend mieux, on renforce l’affectio societatis, bref, on est entre soi. Mais Torfs remarque : « l’unilinguisme nourrit la pauvreté intellectuelle ». Péremptoire, cette affirmation aurait mérité quelques éclaircissements. Quelle richesse intellectuelle insoupçonnée a pu jaillir du débat communautaire et linguistique ces dernières années ? Quelle féconde dialectique a surgi du débat entre le nord et le sud, à part les invectives et les humiliations ? Faut-il donc ne pas se comprendre, ne pas se connaître pour mieux vivre ensemble ? Torfs a raison, une scène de ménage est beaucoup plus intéressante quand l’un et l’autre ont cessé de se comprendre…
- Le rattachisme est un provincialisme. Toutes les raisons historiques et culturelles au rattachement ne sont donc que du provincialisme mal digéré ? Imaginer seulement rejoindre une nation plus grande, aux valeurs encore universelles (malgré tout), c’est donc faire preuve de petitesse, de repli ? J’avoue que j’ai du mal à comprendre.
C’est l’amour de la Belgique (de son cadavre) qui fait parler Torfs. Ces émotions l’égarent tout autant que les rattachistes.