Auteur/autrice : francbelge

  • [exclu] L'application STIB mobile pour iPhone : premières impressions

    La Société des transports intercommunaux de Bruxelles, vénérable institution qui transporte chaque jour des milliers de bruxellois, se modernise : nouvelles lignes, nouveaux véhicules et nouveaux services. Si vous êtes bruxellois ou si vous vous y baladez souvent, vous n’aurez pas pu rater la publicité pour le site mobile de la STIB qui recouvre le mobilier urbain. Ce site mobile propose les informations essentielles pour circuler en transport en commun dans la région. Les utilisateurs de la plateforme Android avaient déjà leur application mobile dédiée. C’est maintenant au tour des utilisateurs d’iPhone, iPad et autres iPod Touch. Voici mes premières impressions de beta-tester avant la sortie officielle.

    Petite visite

    L’application STIB mobile a trois fonctionnalités principales : 1) vous donner accès aux horaires de bus, métro et tram partout à Bruxelles, 2) vous donner la position en temps réel de tous les véhicules en circulation et 3) vous localiser sur une carte et vous donner les arrêts les plus proches. Des fonctionnalités « de base » mais essentielles quand on est à pied, pressé, stressé ou quand on a simplement envie de se rendre à son bureau le matin. Elle est disponible en français, en néerlandais et en anglais.

    Première impression

    Après quelques semaines d’utilisation comme beta-testeur, ma première impression, c’est que l’application est ultra-rapide. C’est l’avantage d’une application native sur un site web mobile, qui a pourtant été réalisé par la même équipe. Le deuxième avantage, c’est qu’on peut enfin enregistrer ses arrêts préférés en favori. En quelques secondes, je sais quand le prochain tram arrive à Princesse Élisabeth ou quand le 92 part de la gare de Schaerbeek. La troisième remarque, c’est que ce n’est qu’un début : il y a encore de nombreux services à inventer pour faciliter la mobilité.

    Dernier détail : l’application est en cours de soumission. Elle sera disponible très bientôt !

  • Meurtres en série et réseau câblé

    La journée a mal commencé. La journée précédente avait été longue et c’est d’un pas mal assuré que je me rends, fort en retard, dans la salle de bain. Je tente de faire mes ablutions rapidement mais rien n’y fait parce que quand on rentre à 10h dans la salle de bain, il est impossible d’être au bureau avant 10h30.

    Je me précipite dans ma salle de classe pour donner deux fabuleuses heures de travaux pratiques à mes étudiants, ébouriffés par ma maitrise des diagrammes d’activité UML. Je retourne à mon bureau vers midi en espérant aller manger bientôt. Mais avant, j’ai quelques tâches basiques à effectuer. Comme réserver mon billet de train pour une réunion à Paris dans 15 jours, par exemple. Vous êtes comme moi, vous vous dites : « bah va sur le site et fais ta résa, quoi ». Sauf que rien ne marche. Le site web semble en rade. En fait, mes collègues aussi sont en rade. Ça rame sa maman la fille de joie et RIEN n’y fait. Je suis passablement énervé parce que j’ai faim, passque j’ai pas que ça à foutre et que le mec qui a pondu ce site sera pendu un beau matin. Avec ses tripes.

    Bon, ok, j’en ai marre. Je vais voir au bureau de notre responsable IT. Pas là. Bah oui, c’est la pause repas. Ces acolytes aussi se sont absentés pour acheter un sandwich. Pareil. OK, je tente de rester calme. Je descends au service IT central. Celui de TOUT le boulot, soit 2000 clampins comme bibi. Je croise Isabelle, je lui demande innocemment et la bouche en cœur « y a pas un petit problème de réseau des fois ? » Elle me répond tout aussi innocemment : « si si, ils font des tests ». Je pense que c’est un complot. Ils testent ma patience, en fait. « Oui, ils testent un système de mesure des performances du réseau. » Je confirme que ça ne marche pas. Ils pouvaient pas prévenir ??? Je suis furieux de ce manque de clairvoyance. En conséquence, je dégaine mon fusil et j’allume la pauvre Isabelle.

    Après avoir caché le corps, je remonte à mon bureau et je croise le pauvre Jacques, un des mecs qui s’occupent de l’informatique de notre service. Je lui tiens le même discours. Alors ? « Ah mais oui, on était prévenu en fait. » Je redégaine mon arme et j’allume Jacques. Fallait vraiment pas m’énerver. Je ne cherche pas à cacher le cadavre mais je crains que le personnel de nettoyage ait un peu de boulot.

    Heureusement que le webmaster du site de réservation des billets de train n’était pas présent, il aurait pris cher lui aussi. Pour tous les autres. Fallait pas m’emmerder quand j’ai pas fumé de la journée.

    Les noms ont été changés pour protéger les innocents et ralentir le travail de la police. Retrouvez la chronique hebdomadaire de mes grands combats sur le podcast « On a toujours raison » !

  • La majorité des fraudeurs et des truands sont Grecs

    « La réalité, c’est que ces gens-là, ils sont dans la merde. Et y sont gravement. Ils ont beaucoup bricolé, ils savent très bien qu’ils ne paient pas d’impôts, que c’est un sport national de ne pas payer d’impôts en Grèce, que ça truande un maximum. »

    Dominique Strauss-Kahn

     

     

     

    Cette phrase pleine de préjugés me rappelle les heures les plus sombres de notre histoire. Je ne vois pas pourquoi il faudrait discriminer la Grèce par rapport au Luxembourg.

  • L'Homme nouveau

    « Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la Toile, disponible, objectivé.

    Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous.

    Comment le transmettre ? Voilà, c’est fait. Avec l’accès aux personnes, par le téléphone cellulaire, avec l’accès en tous lieux, par le GPS, l’accès au savoir est désormais ouvert. D’une certaine manière, il est toujours et partout déjà transmis. »

    Eduquer au XXIe siècle, Michel Serres.

    Optimisme béat ? Un peu sans doute. Mais pas seulement. Jamais l’Homme n’a vécu si vieux, en si bonne santé, sans souffrance. Jamais la communication des idées et des sentiments n’est allée aussi vite.

  • Souvenirs de Pine Point

    J’ai trouvé ce documentaire chez Dooce : une fascinante collection de souvenirs sur la ville minière de Pine Point (Canada), qui a littéralement disparu en 1988 quand la mine a fermé. A-t-elle vraiment existé ? Allez voir par vous mêmes.

  • Si toi aussi…

    Si toi aussi, tu penses aux révolutions arabes. Si toi aussi, tu penses que ces gens là n’ont jamais connu la démocratie, qu’il n’en sont pas capables. Si toi aussi, tu penses que le choc des civilisations, c’est trop vrai, quoi. Si toi aussi, tu penses que l’avenir du monde arabe, c’est la charia, la burka et basta. Si toi aussi, tu espères que les affaires vont reprendre très vite parce que tu as réservé deux semaines à Djerba cet été. Si toi aussi, on t’entend pas trop en ce moment… et bien tu peux continuer à fermer ta gueule. Merci.

  • Indigne paradoxe

    « Des artistes qui cherchent et ne trouvent rien (au contraire de Picasso qui déclarait superbement « je ne cherche pas, je trouve »), des révolutionnaires qui s’en prennent au monde plutôt qu’au mal, des idéologues à qui l’humanité ne convient pas car elle déborde le cadre de leur « idéal », des nihilistes qui rejettent Dieu à cause de la souffrance des enfants mais qui ne font rien pour ces enfants, des juges qui ne veulent juger que d’eux-mêmes et qui mettent à mort la transcendance (qui seule permet le jugement), telles sont les figures de l’homme de la fausse indignation – soit l’homme du ressentiment. Faire semblant de souffrir pour les autres, se réjouir secrètement de tous les maux qui permettent d’accuser la vie, glorifier sa propre (in)suffisance, voilà donc comment fonctionne celui qui, avant toutes choses, ne supporte pas que l’on se défende réellement contre ce qui nous menace. Car l’homme du ressentiment ne veut surtout pas que quelque chose s’arrange et puisse discréditer son indignation – comme ces humanitaires qui seraient bien malheureux si le monde ne l’était plus. L’homme du ressentiment a besoin du mal pour se sentir utile – tel Tobias Mindernickel, ce personnage d’une nouvelle de Thomas Mann, qui n’est heureux que lorsqu’il console son chien, et qui, pour ce faire, le bat, le fait gémir, le console, le rebat, le refait gémir, le reconsole, et à la fin, le tue. »

    Du bon et du très mauvais usage de l’indignation
    Pierre Cormary

  • [Lettre à la Belgique] J'ai attrapé quelque chose

    Je l’ai attrapée sans m’en rendre compte. C’est peut-être en me baladant au bord de la Meuse ou de l’Escaut, à Bruges ou à Ostende qu’elle m’est tombée dessus. C’est peut-être la faute à l’humidité. Ou bien c’est l’air de la région. Il n’est pas toujours assez gris pour se pendre mais il faut admettre que ce ciel a un drôle d’air. Je suis né à Brest alors je m’y connais.

    Et si c’était la nourriture ? J’en ai sans doute trop mangé, de ces stoemp, ces potjevleesch, ces carbonnades, ces frites, ces boulettes. Je me suis peut-être empoisonné, à la longue. Et pourtant je suis français, je devrais être mithridatisé, non ?

    C’est peut-être dans les salles surchauffées de quelque bar bruxellois ou d’un modeste estaminet flamand qu’elle m’a été inoculée. La promiscuité, allez savoir. Ou alors ce sont ces drôles de sons qui emplissent les gorges, ces i qu’on ouvre, ces r qu’on grasseye, ces g qu’on gutturalise. Je fais mon possible pour garder mes u les plus pointus mais j’ai bien peur que ce soit un peu contagieux.

    Oui, c’est fort possible que ce soient les gens, en fait. Ce n’est pas tant leur art de vivre que leur façon de rire et de s’ennuyer. Je crois que c’est plus une maladie de l’esprit que du corps. Mince. J’ai bien peur que le cerveau soit touché.

    Il faut que je vous décrive les symptômes. C’est une sorte de gaieté triste, qui vient par vagues. J’ai comme une nostalgie, un sentiment de petitesse et de finitude. Mais très léger. Je vous jure que pour un français, ça fait bizarre.

    À chaque tempête, à chaque fois que le temps passe à l’orage, j’ai comme une douleur à la poitrine. Mince. Voilà que le cœur est touché.

    J’ai attrapé une maladie d’amour, on dirait. J’ai attrapé la Belgique.

    Sur une idée de Charles Bricman.

  • Touitter

    « J’ai vu les plus beaux esprits de ma génération détruits par la brièveté, l’hyper-connectivité, émotionnellement avides d’attention, trainant dans des communautés virtuelles à trois heures du matin, entourés de pizzas défraichies et de rêves négligés, cherchant un sens, n’importe quel sens, des hipsters coiffés du même chapeau brûlant de trouver la même approbation sceptique à travers la dynamo holographique et technologique de l’époque, blessés par les connexions faibles et la récession, sans but, s’asseoir, micro-conversant dans les ténèbres surnaturelles de cafés avec wifi, flottant par dessus les villes, contemplant la techno, dénuder leur cerveau jusqu’au vide noir des nouveaux médias, des leaders d’opinion et autres prétendus experts, traverser leurs médiocres études universitaires avec des yeux rayonnants et malicieux, hallucinant des décors de Seattle à la Tarantino en écoutant des professeurs de la culture populaire disserter sur la guerre et le changement, abandonner pour suivre leur muse créative, accrochant des fanzines et des œuvres d’art obscènes aux fenêtres de l’internet, s’accroupir dans des chambres miteuses en sous-vêtement superman ironique, brûlant leur argent dans des poubelles années 80 et écoutant Nirvana à travers des murs fins comme du papier, être fouillés avec leur barbe grunge dans le métro à la station Shinjuku, manger numérique dans des hôtels ripolinés ou boire de la colle blanche dans quelque allée secrète, la mort ou scarifier leur torse de tatouages pour remplacer leurs rêves finissant en cauchemar car il n’y a pas de rêve dans la Nouvelle Immédiateté, incomparablement aveugles à la réalité, inventant la nouvelle réalité par des créations creuses projetées sur des écrans lumineux. »

    Tweet, de Oyl Miller (d’après Allen Ginsberg)