Jan Veermeer, Karl Weierstrass, Tchang Kaï-chek, Alfred Sauvy, Norodom Sihanouk, Bud Spencer, Dan Rather, Michael Landon, Jeannie Longo, Arnaud Desplechin, Vanilla Ice, Séverine Ferrer…
Et moi. 🙂
Nous étions, deux amis et moi, dans l’endroit le plus désolé de France, quelque part dans le grand Est. Quand on vous dit « Est de la France », vous imaginez sans doute l’Alsace proprette et les bords du Rhin. Peut-être imaginez vous la Champagne, ses champs fertiles et ses prestigieuses maisons de vin à bulles. Mais vous feriez erreur, nous étions dans une région rurale, sans ville importante ni autoroute. Les habitants avaient pourtant trouvé le moyen de fuir et ne restaient là que les trop vieux ou les trop jeunes, avec pour seule occupation l’alcool ou les grossesses précoces. Nous étions donc coincés entre l’Alsace et la Champagne, comme en une métaphorique raie des fesses, pour ne pas dire un trou, dans une région qui résista longtemps aux empereurs et aux rois, pour la simple raison qu’ils n’avaient rien à y faire.
Heureusement, la distraction principale (et unique) de cette ancienne ville thermale nous attendait : la discothèque. Je vous vois sourire. Remplie exclusivement de soldats désœuvrés et d’adolescents en échec scolaire, l’établissement était suffisamment petit pour paraître animé. Nous nous y engouffrâmes donc dans le seul but de consommer une grande quantité de boissons alcooliques à des prix modérés. Pour oublier où la fortune nous avait laissés (cette salope), nous nous abreuvâmes de liquides maltés et de breuvages slaves.
Et c’est là qu’elle apparut. Dans une assourdissante musique techno qui était de sa composition (d’après les méchantes langues), elle se lança dans un spectacle chorégraphique, au milieu de la piste de danse. Accorte, voire libertine, elle commença à enlever ses vêtements, pour le plus grand plaisir des mâles de l’établissement (moins un). Son tour de chant était aussi rodé que son tour de poitrine et nous ne loupâmes bientôt rien de son anatomie ; sans surprise, car tout le monde l’avait déjà vue en gros plan.
Elle invita sur scène un bidasse en t-shirt et commença une de ces danses lascives auxquelles des années d’art gynéco-dramatique l’avaient habituée. Clara, c’est son nom d’artiste, déshabilla lentement le jeune homme, et pas qu’avec ses mains. J’ai pris des notes mais je ne préciserai pas la manière, car on dit qu’une magicienne ne dévoile jamais ses tours. Le jeune homme se retrouva dans le plus simple appareil, visiblement pour son plus grand plaisir et celui d’au moins un mâle dans l’assistance. Elle disparut à la fin de son récital. Il n’y eut point de rappel.
Nous restâmes longtemps à nous étonner du formidable spectacle. Je ne sais si nous avions trop bu ou pas assez, mais la magie s’estompa bien vite. Nous quittâmes la discothèque, la ville, la région enfin, résolus de n’y plus jamais foutre les pieds. Pour ma part, je pris même des années plus tard la décision de quitter le pays. Mais je peux affirmer sans rougir qu’un jour ou plutôt une nuit ((près d’un lac où j’étais endormi)), j’ai rencontré Clara Morgane.
La semaine fut riche, très riche.
Lundi. Émission en direct du Caméo pour le FIFF. Fred et Yves ont parlé du cinéma québécois. J’ai fait une courte apparition au micro pour dire des bêtises et c’était déjà fini…
La « crise » (de nerfs) financière affole les ministères et les banques centrales. Les libéraux orthodoxes se cachent pour mourir.
Mardi. On chante des chants scouts.
Mercredi. Travail tard le soir. On fait pas un métier facile, hein ?
Jeudi. Dernière émission en direct. Chanson live de Lucka. Interview de John Barbu.
On parle du concert spécial « nouvelle fréquence » de RUN au Belvédère.
Vendredi. Drum’n bass, dubstep, électro… Si tu comprends pas, c’est que t’es un peu trop vieux.
Quatre heures du matin. Superbe live électro. Cerise. Gateau.
Un peu de verre brisé et une excellente soirée.
Et demain ? Demain ! Émission d’Homosphère consacrée à l’élection présidentielle américaine, en présence du plus américanophile de mes colocs. Je ne pense pas qu’on dise beaucoup de bien de Sarah Palin.
Terminons sur une note musicale et humouristique.
C’est nul, mais nul…
La RUN émettra en direct du cinéma Caméo de 19h30 à 21h à partir de demain et jusque jeudi prochain. On y parlera presqu’exclusivement de cinéma, durant le Festival International du Film Francophone qui se déroule à Namur.
Vous m’entendrez donc causer dans le poste de samedi à lundi ainsi que jeudi, quand je ne chipote pas avec la table de mixage. C’est aussi l’occasion de me gaver de courts métrages au point de saigner du nez. Joie, bonheur !
Si je ne suis pas mort d’épuisement, je ferai un petit sujet ce weekend au milieu des festivaliers, histoire de prendre la température. Et puisqu’un bonheur ne vient jamais seul, signalons aussi le festival RUN au Belvédère du 3 et 4 octobre prochains, pour célébrer en fanfare le passage à notre nouvelle fréquence, une fréquence qu’elle est mieux, qu’elle est plus belle, qu’elle a le poil brillant et la truffe humide. Si, si…
Samedi matin. Je donne cours jusqu’à midi. J’ai une demi-heure pour photocopier ces énoncés mais l’imprimante et la photocopieuse conspirent contre moi. La loi de Murphy est implacable.
Samedi après-midi. Ce weekend, c’était la Grande Braderie de Lille, une occasion de plus de revoir les amis. Je file prendre mon train mais le voyage fut particulièrement catastrophique. On perd le pantographe, on change de train(s), on patiente longtemps sur un quai venteux. Heureusement, le temps n’était pas trop mal.
Le reste de la soirée fut essentiellement composé de bière, de frites, de moules et de blagues vaseuses sur ces dernières. On finit par regarder le pavé et boire de la vodka polonaise dans des verres givrés. Je dépasse le mur du çon avec une histoire d’éponge à foutre et une blague raciste du plus mauvais goût.
Dimanche. Je rentre mollement à la maison, en espérant que le voyage se déroule (pour une fois) sans encombre. Le contrôleur s’étonne que mon billet aller-retour soit poinçonné deux fois hier. Je lui fais remarquer qu’habitant à Namur et repartant de Lille ce dimanche, j’aurais difficilement pu tromper la si diligente et performante SNCB, ainsi que la vigilance de son personnel dont l’acuité intellectuelle est légendaire (ce qui veut dire qu’elle est plus fantastique que réelle, donc). J’ai calmé mes envies de meurtre en écoutant David Bowie.
Divers. L’épisode pilote d’un podcast qui promet : Bonjour Bonsoir (point be). Peut-être les 17 plus belles minutes de votre vie. Satisfait ou remboursé.
Ce soir. Homosphère sera consacrée au cinéma LGBT, et plus particulièrement à son évolution ses dernières années. Normalisation ? Banalisation ? Le cinéma militant a-t-il fini par imposer des thèmes, une vision au cinéma plus mainstream ? Olivier, de l’association La Lucarne, sera là pour nous en parler.
Le week-end dernier, j’ai déménagé. Un appartement plus grand, plus cher, plus beau. Mais je partage cet endroit avec un sympathique congénère qui en paye donc la moitié. Pas plus loin du boulot (15 minutes à pied) et plus central. Quelques photos :
Reste à déménager l’immatériel : changer d’adresse, résilier des contrats, en signer d’autres… J’essaye d’être systématique mais ça m’ennuie terriblement.
Qu’importe, je suis super bien dans mon nouveau chez moi. Et avec mon coloc’, on a quelques projets rigolos. Stay tuned…
P.S. : malheureusement, j’ai été contraint de rater le mariage d’un ami. La loose.
Petit weekend à Lille. Temps couvert mais agréable.

Oui chef, il y a des marchés couverts à Lille. La preuve :

Les meilleures gaufres du monde. Vanille et leur dernière édition : pistaches et griottes. Mmmmhhh…

Sinon j’ai joué à la guerre (pour survivre à la guerre, il faut devenir la guerre), maté dans le train et pris mon mâle en patience. 🙂
Vendredi. Visite de Paris comme un touriste japonais.
J’ai même mis les pieds à Saint-Sulpice. J’y suis resté plus d’une heure (pas tout à fait comme un touriste japonais, donc).
Shopping dans les grands magasins.
[mode pétasse] Ouh… du cachemire !!! [/mode pétasse]
Verre avec B. Nous parlons de ses amis, ses amours, ses emmerdes. Qui sont parfois les mêmes.
Samedi. Enterrement festif. Laser tag. Nous ressortons lessivés. Boisson(s).
Naissance d’un twit.
On finit la soirée dans un grand appartement. C’est – j’imagine – ce qu’on appelle prendre du galon.
Dimanche. Garde malade. J’accompagne B. à son examen de proctologie. Ou alors c’était les yeux ? Je ne sais plus.
Lundi. Repos forcé. Toute l’infrastructure informatique est down ce matin, pour cause de maintenance. Préparation en catastrophe de l’émission de ce soir. Le studio est en chantier mais tout est recablé en un temps record. J’ai eu peur.
Pour nos retrouvailles, il ose me dire, sourire en coin :
— T’écris ton journal intime, comme une gamine de 10 ans ?
La suite de la soirée sera bien plus agréable.
P.S. : mon score au laser tag ? Chacal en rut. No comment.
Le lundi avait assez mal commencé. J’étais en retard, l’atmosphère était déjà lourde et orageuse. Voulant aérer un peu mon logis avant de partir pour une longue et harassante journée de travail, j’avais ouvert en grand les fenêtres de l’appartement. Je retournais dans la cuisine pour y chercher mon ordinateur, préparer mon sac et partir. Une guêpe inspectait les restes de repas qu’on avait oubliés sur la table. Je n’aurais jamais l’idée de visiter un nid de guêpes sans y avoir été invité, aussi décidais-je de chasser l’intruse du mien.
Je me saisis d’un essuie (un torchon, en belge) qui traînait là et lance l’assaut. La première escarmouche se passe bien. Le champ de bataille est dégagé et, comme à Austerlitz, je réserve mes meilleures troupes à l’abri des regards de l’ennemi. Celui-ci est contraint de faire retraite vers l’endroit que j’ai choisi (la fenêtre, pour qu’elle dégage, cette p***). Et là, par une manœuvre audacieuse de retournement tactique, la bête disparaît quelques instants à mes yeux. Je ne me démonte pas, recule pour embrasser de ma vue d’aigle le champ de bataille et réévaluer mes positions. La troupe ennemie, voulant sans doute conclure le combat rapidement, surgit devant moi. Je recule… Et là, c’est le drame. Je trébuche sur une chaise. Je chois. Comme une grosse merde. Mes cervicales servent d’amortisseur entre ma tête et le mur. C’est pas Austerlitz, c’est Waterloo. Les Français sont vraiment maudits en Belgique, hein ?
Résultat : je file à l’hosto (merci, chéri) et passe quatre heures délicieuses aux urgences. L’interne (pas mal, d’ailleurs) me demande si je bouge mes membres. Oui, tous mes membres fonctionnent bien, merci. Tu veux voir ? Je contrôle mes sphincters et je sens mes doigts de pied (et pas l’inverse). Radio OK. Le médecin me manipule un peu et fait craquer tout ça :
— Mettez-vous sur le dos.
Moi, comme un con, je m’allonge sur le ventre (l’habitude, sans doute).
— Non, sur le dos.
— Ah oui, l’autre dos, celui qui est derrière…
— Détendez-vous, vous êtes contracté.
— Tu m’étonnes.
Je repars avec un accessoire de mode indispensable. C’était le dernier, c’est la fin des soldes : un magnifique collier en mousse. J’ai passé deux jours à me faire dorloter, c’est toujours ça.
Nature : 1. Moi : 0.
Hier, on a mangé une salade en terrasse. J’ai de nouveau était sauvagement agressé par une guêpe. Je pense que c’est la même, probablement venue me narguer. On est peu de choses…
Je poste moins, c’est un peu les vacances… mais j’utilise twitter pour les impressions, les photos sur le vif et les liens à la con.
• Je monte le prochain podcast d’Homosphère. Il faut aussi que je rafraîchisse le site web. Il en a besoin, je crois.
• Je teste des nouveaux cocktails… (non, c’est pas du canard wc, mais c’est tout comme). Et je suis pas tout seul, Thomas en a pris un encore plus fluo.
• Et en vrac : restaurant italien, boulot, dodo
P.S. : ah oui, j’oubliais ! Vive la Belgique ! (On croise les doigts, car c’est pas gagné)