Gagner du temps

J’ai toujours eu une petite obsession pour les montres et les horloges. L’approche des trente ans n’a fait qu’empirer les choses. Ma dernière acquisition est une lip à diode Mach 2000, réédition d’un modèle des années 1970 dessiné par Roger Tallon. Solidaire des ouvriers de lip menacés par la faillite de l’entreprise, il se lance dans la définition d’une toute nouvelle gamme, avec la radicalité d’un créateur qui n’a jamais travaillé pour l’horlogerie. Le résultat est étonnant de modernité, intemporel. Si l’entreprise n’a pas survécu à la fin des trente glorieuses, la marque vit toujours et développe de nouveaux produits sous la direction artistique de Prisca Briquet.

lip mach 2000 diode

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Usine à wave

Cet article est lié à celui de l’ami @ylebout qui explore les possibles usages de Google Wave. Vous trouverez sur cette page quelques observations concernant la technologie de Google Wave.

En lançant une phase de test à grande échelle ((on parle de 100 000 invitations)), Google a introduit son nouveau service Google Wave de manière assez tonitruante. Mille moulins se sont soudainement mis à brasser de l’air tiède pour nous conter la prochaine révolution. L’ambition du produit est de réinventer le courrier électronique. Wave ajoute en effet plusieurs caractéristiques majeures au bon vieil email : des fonctionnalités d’édition collaborative, la gestion des versions d’un document, un aspect temps-réel et des contenus riches (genre web 2.0). Après plusieurs jours de tests intensifs, je suis en mesure de vous livrer quelques réflexions sur la technologie de Google Wave.

mosaic_wave

1. Une fédération ? Non, une guerre civile.

Google Wave, comme toute l’infrastructure de Google, est basée sur le stockage distribué de l’information. Chaque machine, chaque centre de calcul renferme une part de l’immense masse de données que nous produisons tous les jours. Wave est basé sur une fédération de serveurs qui sont responsables du stockage et de la réplication des messages que vous envoyez. Le problème, c’est que dès que plusieurs personnes participent à une Wave, il devient impossible d’assurer l’intégrité des messages. Si un contrôle d’accès est garanti sur un serveur (c’est-à-dire que le contenu  d’un message est protégé), il peut fort bien ne plus l’être sur un autre. En d’autres termes, la sécurité du système repose sur la bonne collaboration entre tous les serveurs de la fédération. Wave est réduit au plus petit dénominateur commun, un grand tableau où tout le monde peut écrire et que tout le monde peut effacer comme il l’entend.

2. Révisionnisme

L’ennui quand tout le monde peut collaborer en même temps à un document et qu’on a aucun moyen de l’empêcher, c’est qu’on ne sait plus qui a écrit quoi. Heureusement, Wave garde les traces de tous les changements successifs et permet d’explorer toutes les versions d’un document avec sa fonction playback. Malheureusement, cette fonctionnalité est inutilisable, même quand elle n’est pas en panne. Si l’édition d’un wiki suit toujours une séquence linéaire, un document Wave comporte de nombreux branchements. S’il n’est pas impossible de stocker toutes les versions, il est très difficile de les présenter utilement à l’utilisateur.

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3. La programmation sans peine

Google Wave permet à tout développeur web de devenir du jour au lendemain un programmeur d’application. Quelques lignes de XML, un peu de JavaScript et vous voilà devenu ingénieur logiciel. C’est la promesse, cent fois réitérée, des éditeurs de langages de 4e génération et autres technologies déclaratives. Cela ne change rien au problème fondamental de l’industrie informatique : une certaine tolérance pour la médiocrité. Vous trouverez donc dans Wave un grand choix d’extensions et d’applications mal écrites ou moches (quand elles fonctionnent) ou simplement en panne (ce qui est moins grave). Le grand danger, c’est qu’un développeur un peu moins bête que la moyenne n’utilise la crédulité de ses contemporains pour leur soutirer des informations sensibles. Les extensions qui vous proposent de faire transiter vos informations de facebook à twitter ou flickr (en général assez mal, d’ailleurs) via Wave, sont-elles seulement sûres ? Rien ne l’est moins.

4. Tais-toi et rame !

Je pensais finir sur une note optimiste en saluant la prouesse technologique. Mais il faut se rendre à l’évidence. Google Wave suffoque n’importe quelle machine, épuise tous les navigateurs web (y compris Google Chrome). La page d’accueil de Google Wave représente près de 4 Mo de données à télécharger (dont 400 ko de scripts). Elle prend entre 5 et 10 secondes à charger avec un navigateur dernière génération. La transmission en temps réel des caractères représente à peu près 1 ko par touche tapée, soit un rendement de 1 pour mille. Vingt ans après, Google invente l’IRC le moins efficace de sa génération. Bref, Wave est une infâme usine à gaz, une pompe à Shadoks, un rocher de Sisyphe. Google Wave, c’est les performances du Minitel avec les technologies du web 2.0. Google Wave, c’est la plus belle roue carrée jamais réinventée. Google Wave, c’est une réécriture complète de NCSA Mosaic en HTML. En somme, c’est une solution alambiquée à un problème qui n’existe pas. C’est très geek, c’est très beau et c’est très inutile.

conversation

Les doigts dans le pot de confiture

Gonzague a attrapé des blogueurs influents en flagrant délit de petit mensonge. En payant des blogueurs, les annonceurs tentent, paradoxalement, d’acheter de l’amateurisme. En retour, nous lecteurs sommes en droit d’exiger un peu de transparence.

La recette pour faire du buzz ? Se taper quatre blogueurs influents d’un coup. Plusieurs billets échangés. Dont une vidéo. Avec de l’amitié, de l’argent… mais pas de sexe.

Et puis, il faut avouer qu’il est mignon quand il s’énerve. :-p

Les mauvais garçons

Dans une boîte sordide de Pattaya
Dans une boîte sordide de Pattaya

Lundi soir, j’étais au Boy Geek Pints 2e édition, un rassemblement de geeks.

Comme dirait Frédéric : « la plupart d’entre eux sont jeunes, beaux, apparemment épargnés par la dévastation qu’on pourrait attendre de leur activité. J’apprendrai plus tard qu’ils ne viennent pas tous les soirs, ont une petite amie, sont souvent étudiants et vivent parfois même avec leur famille qui prétend ignorer l’origine de leur gagne-pain. » ((Frédéric Mitterrand, La Mauvaise Vie))

Les multinationales capitalistes occidentales Jupiler et Quick avaient prévu à boire et à manger pour nous attirer et exploiter notre misère ((surtout sexuelle)), les salauds !

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En vrai, c’était super sympa. Merci à @emich et @glennvh. 🙂

EDIT Les autres mauvais garçons qui en parlent :