La république des blogueurs

Un blogueur guadeloupéen a été arrêté et retenu pendant une heure par la gendarmerie vendredi dernier, durant la visite de Nicolas Sarkozy. Il a semble-t-il fait l’objet d’un contrôle d’identité un peu particulier. En effet, un inspecteur en civil, probablement des RG ou de la DST, l’a longuement questionné sur ses opinions politiques et ses motivations. Sur un ton fort civil, heureusement.

J’entends déjà les cris outragés des esprits vigilants nous dire que la démocratie n’est plus, que Pétain est de retour ! Si ces exclamations sont exagérées, l’inquiétude qu’elles révèlent n’est pas sans fondement. Retenir aussi longtemps quelqu’un pour un contrôle d’identité, c’est assez sûrement déraisonnable et à la limite de la légalité. Il n’empêche que la situation en Guadeloupe est particulièrement explosive. Les manifestations sont très violentes et le maintien de la sécurité est une tâche ingrate, compliquée et très dangereuse. Pas étonnant, donc, que les services de l’État fassent tout pour éviter l’agitation.

Mais la phrase qui m’a le plus surpris, on la trouve en conclusion (le gras est de moi) : « quand l’intérêt d’un individu, fusse-t’il le président, justifie que la police viole les droits des citoyens, quand l’arbitraire supplante le droit, on peut se poser des questions sur la santé de notre démocratie. » Je trouve cette dernière phrase étrangement déséquilibrée. Les 1500 gendarmes déployés là-bas pour l’occasion ne l’étaient pas uniquement dans l’intérêt d’un homme, qui jusqu’à preuve du contraire a été démocratiquement élu. En revanche, si des droits ont été bafoués (c’est le cas), c’est ceux d’un seul homme, dans le but de prévenir des débordements et de préserver l’intérêt du plus grand nombre. Je ne veux pas justifier par là une quelconque atteinte au droits fondamentaux de quiconque, je constate simplement une asymétrie toute partisane dans cette simple phrase.