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Liquidation totale avant fermeture

« Il n’est pas possible de négocier avec des nationalistes, parce qu’ils ne reviendront jamais sur un fait acquis pour eux (la “frontière linguistique”), et ne respecteront jamais les concessions qu’ils font (les facilités) si celles-ci ne servent pas leur idéal national. Négocier avec des nationalistes revient à grimper marche par marche un escalier mobile pour espérer monter dans un avion qui est déjà parti. »

Belgique ou bien démocratie, à nous de choisir (Marcel Sel)

Je considère que la nation peut être un cadre commode pour l’expression de la démocratie, quand elle est basée sur l’adhésion aux valeurs et non pas l’appartenance « ethnique ». La nation française ou la nation américaine se sont constituées, de manière littéralement révolutionnaire, sur des valeurs inclusives et pas sur le droit du sang. Même si, en France en tout cas, ces idéaux généreux ont été un peu dilués ces dernières années dans le sang impur et la méfiance de l’étranger, les nationalistes flamands n’ont en revanche aucun scrupule : ils bafouent les droits de la minorité francophone sans vergogne. Ils ont aussi contaminé une bonne partie du discours politique et des représentations, au point de rendre cette crise à la fois inévitable et insoluble. Il est temps de changer de perspective et de choisir radicalement le camp de la démocratie. Quitte à en finir avec la Belgique ?

Le plan Marshall pour la Wallonie, version 2.vert

Sa structure vient d’être annoncée par le gouvernement wallon. Son nom extrêmement tarte donne envie de remplir le réservoir de sa Jeep Willys de graisse de panda liquéfiée et de se chausser avec des bébés phoques. Il ambitionne de relancer l’économie de la région wallonne et d’orienter son développement vers l’écologie. Mais quelles vont être les applications de ce programme ? Je vais en donner une illustration en vous parlant un peu de mon travail.

Jeep 1942

Mon boulot consiste entre autres à chercher des sources de financement pour de nouveaux projets de recherche. Dans cet objectif, je scrute les appels à projets des financeurs (presque exclusivement publics) comme les programmes de la Commission européenne ou bien ceux de la Région wallonne. Un nouvel appel vient d’être lancé dans le cadre de ce plan Marshall qui s’appelle Wist3 et qui a pour thème « les technologies de l’information au service de l’économie wallonne et du développement durable. » Tout un programme.

Je vous résume brièvement les caractéristiques attendues des projets :

  • Il s’agit exclusivement de recherche appliquée. En gros, la région finance une part de la recherche & développement des entreprises. De ce fait, la faisabilité et la rentabilité des projets devra être motivée. Ce n’est pas un problème pour moi qui travaille dans l’ingénierie logicielle. Nous recherchons tous les jours des partenaires industriels pour tester nos idées ou les aider à améliorer leur technique. Dans mon domaine, le transfert technologique est non seulement souhaitable mais recherché. Malheureusement il n’y aura pas un sou pour la recherche fondamentale. Les innovations les plus radicales et donc potentiellement les plus rentables ne viendront pas de ce programme.
  • Le focus est mis sur le développement durable. C’est un souci légitime et je suis convaincu que l’écologie n’est pas incompatible avec le développement économique. Néanmoins, on risque aussi de perdre beaucoup d’énergie à essayer de tout repeindre en vert, au détriment parfois de la qualité des projets. Dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, le problème du développement durable est au mieux un détail, au pire une appeau à gogos.
  • L’informatique n’est qu’un support pour la compétitivité des entreprises des secteurs traditionnels. C’est probablement l’aspect le plus choquant. Visiblement, certains ne peuvent concevoir l’informatique comme un nouveau secteur industriel (qui lui se porte très bien, merci) mais simplement comme la petite dactylo des ateliers de mécanique ou des centres de logistique. C’est dommage, l’économie du numérique en est encore au far west. Les nouveaux services à forte valeur ajoutée restent à inventer. Ce n’est pas cet appel qui y contribuera.