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La mailing list de l’enfer

Si vous êtes sur internet depuis longtemps, votre adresse email a probablement été divulguée un peu partout. La plupart du temps, elle finit dans les bases de données des spammeurs. Et comme vous êtes un internaute aguerri, vous vous en moquez car vous avez des filtres. Il existe pourtant un autre type de bases de données qui sont plus sournoises : les mailing lists.

Normalement, vous vous êtes inscrit volontairement parce que le sujet de la liste vous intéressait. Normalement. Parfois, votre email se retrouve dans une liste « par hasard » parce que le créateur de la liste a pensé que vous étiez d’accord. Ou bien il a supposé que parce que vous lui aviez donné votre adresse, il pouvait en faire ce qu’il voulait.

Si la liste est relativement inactive, ou tout simplement abandonnée, cela peut provoquer un phénomène amusant. Imaginez qu’un membre de la liste, se souvenant qu’elle existe, envoie un mail innocent : la machine infernale est lancée.

En effet, l’envoi d’un tel message peut avoir de terribles conséquences métaphysiques pour l’expéditeur.

  1. Le purgatoire : le message est bloqué par le serveur et personne ne le reçoit. L’expéditeur est plongé dans le doute de sa propre existence. « J’envoie donc j’existe ? » Raté.
  2. Le néant : personne ne répond car tout le monde s’en fout. L’expéditeur reçoit sans le vouloir la réponse à la question pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien. La réponse est rien.
  3. Le paradis : dans un exercice de maïeutique digne de Socrate, les participants de la mailing list résolvent le problème posé par le message initial en y répondant intelligemment. L’expéditeur reçoit la confirmation qu’il existe une espèce intelligente sur cette planète et que l’internet, c’est vraiment merveilleux.
  4. L’enfer : le message déclenche les réactions outragées de ceux qui ne se souvenaient pas qu’ils étaient dans cette mailing list. Ces réactions provoquent à leur tour des réactions de deux ordres.

    La réaction outragée de premier ordre se plaint du message initial, alors que quelqu’un l’a déjà fait il y a une heure.

    La réaction outragée de deuxième ordre se plaint des réactions outragées de premier ordre en demandant aux expéditeurs outragés (que nous appelleront de premier ordre aussi, pour simplifier) qu’ils n’ont qu’à se désinscrire.

    On voit alors apparaître des réactions de premier ordre dites dégénérées qui se plaignent de ne pas pouvoir se désinscrire.

    Enfin, si l’intelligence moyenne des utilisateurs est assez élevée, on voit également apparaître des réactions dites de troisième ordre, qui se moquent des réactions d’ordre inférieur. Ces réactions, ironiquement, ne manquent pas d’en provoquer.

    Afin d’éviter une réaction en chaîne catastrophique, la liste est euthanasiée par un administrateur. L’expéditeur initial conclut que l’être humain est, décidément, un animal comme les autres.

Retrouvez la chronique hebdomadaire de mes grands combats sur le podcast « On a toujours raison » !

Le cartable à roulettes, cet affreux complot

Le cerveau humain a l’habitude d’inférer les causes à partir de l’observation des phénomènes qui l’entourent. Ce mécanisme s’est développé à partir des réflexes les plus simples et a fourni à notre espèce, au cours des âges, une sorte d’avantage compétitif parmi les êtres vivants. Du repérage des prédateurs à la création des outils et du langage, ces capacités d’inférence nous ont permis d’abord de nous hisser au sommet de la chaîne alimentaire. Puis l’humanité a développé tout un système abstrait d’explication du monde, allant de la religion jusqu’aux théories scientifiques modernes.

Toutefois, ce mécanisme a des faiblesses. La principale, la plus fondamentale, c’est celle de considérer les détails simples et triviaux comme des conséquences d’un système, pourtant élaboré par après. Nous avons donc tous une certaine propension à considérer les détails comme des symptômes et les systèmes ou les représentations comme des causes. Pourtant, les plus infimes détails sont parfois des causes premières.

Je vais donc aborder aujourd’hui un détail derrière lequel se cache une cause d’une cruciale importance : le cartable à roulettes.

À l’entrée en 6e (l’équivalent de la 1re secondaire), nous entrions tous, encore bien jeunes, dans la grande école. Une pleine liste de professeurs et beaucoup de livres chargeaient nos énormes cartables de cuir avec des sangles toutes simples. Nous n’avions pas l’air bien à l’aise, ainsi chargés, clopinant sous le poids du savoir ! Mais malgré tout, la connaissance valait bien une scoliose. Tout en évoquant ces souvenirs de vieux cons à l’heure du diner, on me fit remarquer que les plus jeunes aujourd’hui avaient la chance d’avoir, pour la plupart, des cartables à roulettes. Vous savez, les petits trolleys qu’on tire derrière soi, avec un manche télescopique. Ha ce qu’on avait du confort maintenant !

C’était sans doute la conséquence d’une politique de santé publique soucieuse du confort des élèves. On voulait maintenant faire apprendre aux plus jeunes dans le confort et la facilité, les préserver d’un fardeau trop grand.

Mais si nous renversions un instant cause et conséquence ? Et si finalement ce cartable qu’on tire au lieu de porter n’était pas la cause d’un mal plus grand ? Et si en permettant aux blondinets de s’alléger du poids de la science qu’on trouve dans les livres, on ne leur faisait pas insidieusement comprendre qu’il n’était plus la peine de se fatiguer pour apprendre.

Et si ce cartable n’était pas l’outil d’un système qui vise à produire des individus dociles et bêtes, prêts à devenir des gentils consommateurs ? Hein ? Abandonnez donc tous ces livres lourds et chiants. Profitez plutôt de notre dernière offre promotionnelle : un diplôme gratuit pour un acheté. Ce serait évidemment un grand complot, un peu improbable, non ?

Ce serait renverser cause et conséquence. Et ce serait un peu absurde.

Retrouvez la chronique hebdomadaire de mes grands combats sur le podcast « On a toujours raison » !

[podcast] On a toujours raison

C’est presque la rentrée. J’époussette le cartable, je range mes crayons, je prépare les papiers vierges. Le podcast On a toujours raison reprendra bientôt.

Ce soir, toute l’équipe fera une émission pilote avant la rentrée. Nous avons fait nos devoirs de vacances et nous revenons en pleine forme avec plus de contenu et plein d’idées à tester. Si vous voulez tendre une oreille curieuse au contenu de cette éprouvette sonore et participer à l’expérience, vous êtes les bienvenus à partir de 19h30.

À bientôt !

Lettre à Brecht

J’ai reçu tout récemment un courrier rébarbatif, pour ne pas dire comminatoire, de la part de Brecht. Dans ce courrier, il précise :

La nature de vos activités nous fait supposer que vous mettez régulièrement des phonogrammes à la disposition du public moyennant la technique connue sous la dénomination ‘podcasting’.

En annexe vous trouverez les tarifs qui couvrent l’usage de ces phonogrammes. Si vous envisagez de commencer à offrir des phonogrammes par podcasting, vous serez à même de bénéficier d’une ristourne de départ de 30% sur les tarifs normaux pour la première année d’exploitation. Pour les deuxième et troisième années, les ristournes s’élèvent à 15% et 5% respectivement.

J’ai omis de vous dire que Brecht n’est pas un ami. Il travaille pour une sorte d’organisation chargée de rançonner collecter de l’argent au nom des ayant-droits de l’industrie musicale. Comme il est apparemment très généreux (30% !), je me suis cru dans l’obligation de lui répondre :

Bonjour Monsieur,

Je suis l’animateur et producteur de l’émission radiophonique Homosphère diffusée sur RUN (107.1MHz à Namur), radio culturelle et d’expression. Le but de Homosphère est d’aborder des sujets liés à l’homosexualité et plus largement aux questions de genres, avec dès que possible un ton décalé. Dans ce cadre, je mets à disposition les enregistrements de certaines émissions sur le site de l’émission. Ces enregistrements ont été montés afin de supprimer les passages musicaux diffusés à l’antenne. Par conséquent, seules les voix des autres chroniqueurs de l’émission, des invités et la mienne subsistent sur ces enregistrements. En tant que producteur de l’émission, j’en suis donc également l’ayant-droit exclusif.

En conséquence, d’après vos tarifs, en prenant l’hypothèse d’une centaine de téléchargements par émission et sachant qu’il y a plus de 50 épisodes disponibles, je considère que c’est vous qui me devez, cher Monsieur, la somme de 50€. Je vous prie d’effectuer le règlement de cette somme dès réception de la facture que je ne manquerai pas de vous faire parvenir.

Très cordialement,

G., animateur et producteur de l’émission Homosphère.

Je suis donc resté très poli.

Homosphère, émission de rentrée !

Ce blog reprend son rythme de croisière. On a toujours raison entame une deuxième saison avec plus de contenu, plus de chroniques, un meilleur son… Mais qu’en est-il d’Homosphère (la planète d’un autre genre) ?

rainbow flag

L’émission de radio que j’anime sur RUN entame sa quatrième saison. Nous passons maintenant à un rythme hebdomadaire, tous les mardis soirs de 20h à 21h en direct sur le 107.1 MHz à Namur et partout dans le monde sur run.be.

Dans cette première émission de la nouvelle saison, nous évoquerons le don du sang en revenant sur la polémique et un site de tourisme gay avec une interview de son créateur. Nous aurons également droit à une chronique décalée et à l’agenda de la semaine.

A bientôt à la radio ou sur le web. ;-)

EDIT: et voilà le podcast tout beau tout chaud : Download