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Pourquoi je n’écrirai pas sur @megaconnard

Je voudrais dénoncer aujourd’hui, avec la plus grande véhémence, l’intolérable scandale qui est apparu sous mes yeux à l’instant même où je commençais à écrire cet article. En effet, après avoir constaté qu’après plus d’une heure, ma page (enfin, mon ordinateur mais vous avez compris) était toujours vierge, j’ai soudainement réalisé que je n’avais aucune inspiration. Cette situation m’a d’abord profondément attristé, avant que je ne m’aperçoive que ce n’était pas un problème et que je pouvais tout simplement écrire sur ce sujet : je n’ai pas d’inspiration.

Le scandale est tout autre et je vous ai bien eu en rédigeant ce premier paragraphe. Le scandale, mesdames et messieurs, c’est que je n’ai également aucun talent. Je ne pourrais donc pas vous divertir en vous parlant de mon manque d’inspiration. Et cela m’attriste. J’ai cherché des raisons de vous infliger malgré tout mes divagations quand j’ai compris que mon absence de talent n’était pas, en elle-même, une raison suffisante pour cacher mon manque d’inspiration. Après tout, des gens beaucoup moins intelligents que moi s’expriment sur des sujets beaucoup moins graves comme ils leur passent par la tête. Vous souffrirez donc, j’en suis sûr, que je vous entretienne d’un sujet d’une cruciale importance : moi.

J'aime être un conard

Le scandale est en fait tout autre et je vous ai bien eu en écrivant ce deuxième paragraphe. Car le scandale, mesdames et messieurs, n’est pas que je n’ai ni inspiration ni talent. Ce problème est tout à fait surmontable. Il suffit pour s’en convaincre de regarder la télévision. Le vrai scandale, qui devrait je pense vous révolter tout comme moi, c’est qu’il y a des gens qui ont beaucoup plus de talent que moi. La voilà, la révoltante vérité ! Elle montre enfin son hideuse figure, l’ignominieuse certitude !

Hélas, il n’y a pas grand chose que je puisse faire pour remédier à cette regrettable situation. Il faudrait convaincre les gens qui ont du talent d’arrêter de s’en servir. Ce serait très gentil de leur part et je suppose que quelques-uns, en écoutant ma supplique, seraient même heureux d’y avoir égard. Il n’empêche que la plupart des gens talentueux ne consentiront pas à cesser leur détestable habitude d’être meilleurs que moi. Peut-être certains accepteront d’avoir comme moi moins d’inspiration. Ils seraient d’ailleurs très aimables de m’envoyer un sujet pour me permettre de le traiter à leur place. Merci déjà.

En attendant, et comme il n’y a pas dans ce que je viens de dire un scandale digne des gazettes, et que je vous ai donc bien eu en écrivant les paragraphes précédents, j’ai décidé de continuer à m’épancher toutes les semaines et de rassembler ces chroniques en un réceptacle digne de l’absence momentanée de mon inspiration et de l’absence définitive de mon talent, c’est-à-dire, comme tous les gens dans le même cas, sur mon blog.

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La mailing list de l’enfer

Si vous êtes sur internet depuis longtemps, votre adresse email a probablement été divulguée un peu partout. La plupart du temps, elle finit dans les bases de données des spammeurs. Et comme vous êtes un internaute aguerri, vous vous en moquez car vous avez des filtres. Il existe pourtant un autre type de bases de données qui sont plus sournoises : les mailing lists.

Normalement, vous vous êtes inscrit volontairement parce que le sujet de la liste vous intéressait. Normalement. Parfois, votre email se retrouve dans une liste « par hasard » parce que le créateur de la liste a pensé que vous étiez d’accord. Ou bien il a supposé que parce que vous lui aviez donné votre adresse, il pouvait en faire ce qu’il voulait.

Si la liste est relativement inactive, ou tout simplement abandonnée, cela peut provoquer un phénomène amusant. Imaginez qu’un membre de la liste, se souvenant qu’elle existe, envoie un mail innocent : la machine infernale est lancée.

En effet, l’envoi d’un tel message peut avoir de terribles conséquences métaphysiques pour l’expéditeur.

  1. Le purgatoire : le message est bloqué par le serveur et personne ne le reçoit. L’expéditeur est plongé dans le doute de sa propre existence. « J’envoie donc j’existe ? » Raté.
  2. Le néant : personne ne répond car tout le monde s’en fout. L’expéditeur reçoit sans le vouloir la réponse à la question pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien. La réponse est rien.
  3. Le paradis : dans un exercice de maïeutique digne de Socrate, les participants de la mailing list résolvent le problème posé par le message initial en y répondant intelligemment. L’expéditeur reçoit la confirmation qu’il existe une espèce intelligente sur cette planète et que l’internet, c’est vraiment merveilleux.
  4. L’enfer : le message déclenche les réactions outragées de ceux qui ne se souvenaient pas qu’ils étaient dans cette mailing list. Ces réactions provoquent à leur tour des réactions de deux ordres.

    La réaction outragée de premier ordre se plaint du message initial, alors que quelqu’un l’a déjà fait il y a une heure.

    La réaction outragée de deuxième ordre se plaint des réactions outragées de premier ordre en demandant aux expéditeurs outragés (que nous appelleront de premier ordre aussi, pour simplifier) qu’ils n’ont qu’à se désinscrire.

    On voit alors apparaître des réactions de premier ordre dites dégénérées qui se plaignent de ne pas pouvoir se désinscrire.

    Enfin, si l’intelligence moyenne des utilisateurs est assez élevée, on voit également apparaître des réactions dites de troisième ordre, qui se moquent des réactions d’ordre inférieur. Ces réactions, ironiquement, ne manquent pas d’en provoquer.

    Afin d’éviter une réaction en chaîne catastrophique, la liste est euthanasiée par un administrateur. L’expéditeur initial conclut que l’être humain est, décidément, un animal comme les autres.

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Information overload

Il ne vous est jamais arrivé de penser subitement, sans raison, à une question saugrenue et sans aucun rapport avec votre état d’esprit du moment ? Le genre de pensée totalement étrangère et qui pourtant vous obsède ? Ha bon, jamais ? Vraiment ? Moi, ça m’arrive tout le temps.

Mettez vous un peu à ma place, alors… Je me baladais, je rentrais à la maison après le boulot, et tout à coup, une question surgit dans mon esprit. Cette question, qui venait de nulle part et qui ne m’a plus quitté, était la suivante : mais en quel métal sont faits les caténaires? Vous savez, les caténaires sont ces cables qu’on pend au dessus des voies de chemin de fer pour alimenter les trains.

Je vous assure que je n’ai strictement rien à foutre des caténaires, des trains et de tout ça. Mais alors, rien du tout ! Je ne suis pas un expert du transport ferroviaire et, à vrai dire, la métallurgie n’est pas mon domaine non plus. Pour être totalement honnête, je peux même vous avouer que les techniques de transport du courant électrique m’intéressent autant que l’élevage des huîtres. C’est-à-dire pas du tout. Je pense que vous partagez assez bien ce sentiment.

Et pourtant, je suis un utilisateur régulier des transports collectifs. Je suis même l’heureux propriétaire d’un pass qui me donne le droit d’être en retard et d’attendre sur un quai, comme tous les autres salariés de mon espèce. Vous voyez, je ne suis pas hostile. On pourrait difficilement me qualifier d’ennemi du chemin de fer. Et pourtant, au fond de moi, en plein accord avec mes aspirations profondes, je dois bien admettre que je m’en fous. J’imagine que jusque là, vous aussi.

Il n’empêche que cette question m’a frappé. J’étais confronté à mon ignorance la plus crasse. Pas moyen de connaître la réponse à cette question fondamentale, cruciale et pourtant nimbée de mystère. J’ai vainement tenté de rationnaliser. J’ai mobilisé mes connaissances parcellaires sur le sujet. On ne peut pas les faire en cuivre ! C’est trop mou le cuivre. En acier, peut-être ? Ou en aluminium ? Je me demande si vous aussi, confrontés à cette question, vous auriez eu les mêmes réponses. J’ai de gros doutes.

Je ne vous cache pas que, comme pour toutes les questions sans intérêt de ce genre, je suis allé voir wikipedia. Et là, stupéfait, j’ai découvert que les caténaires étaient fabriquées avec un peu tout ça. Les cables de support sont la plupart du temps en acier ou en bronze. Les cables conducteurs sont en cuivre au cadmium. Oui oui, au cadmium. Ah, vous faites moins les malins, maintenant ?

Je concède que c’est beaucoup plus d’information que je ne souhaitais. J’imagine que c’est pareil pour vous. Trop de wikipedia nuit à la connaissance. On a trop d’informations d’un coup et là, on frôle carrément l’indigestion. Vous saviez que dans certaines régions montagneuses d’Europe, on utilise du 15 kV alternatif monophasé à 16 2/3 Hz ?

Bienvenue dans mon monde…

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Photo CC-BY-SA par Cyril Bras (attention aux yeux). Modifiée (un peu).

Le cartable à roulettes, cet affreux complot

Le cerveau humain a l’habitude d’inférer les causes à partir de l’observation des phénomènes qui l’entourent. Ce mécanisme s’est développé à partir des réflexes les plus simples et a fourni à notre espèce, au cours des âges, une sorte d’avantage compétitif parmi les êtres vivants. Du repérage des prédateurs à la création des outils et du langage, ces capacités d’inférence nous ont permis d’abord de nous hisser au sommet de la chaîne alimentaire. Puis l’humanité a développé tout un système abstrait d’explication du monde, allant de la religion jusqu’aux théories scientifiques modernes.

Toutefois, ce mécanisme a des faiblesses. La principale, la plus fondamentale, c’est celle de considérer les détails simples et triviaux comme des conséquences d’un système, pourtant élaboré par après. Nous avons donc tous une certaine propension à considérer les détails comme des symptômes et les systèmes ou les représentations comme des causes. Pourtant, les plus infimes détails sont parfois des causes premières.

Je vais donc aborder aujourd’hui un détail derrière lequel se cache une cause d’une cruciale importance : le cartable à roulettes.

À l’entrée en 6e (l’équivalent de la 1re secondaire), nous entrions tous, encore bien jeunes, dans la grande école. Une pleine liste de professeurs et beaucoup de livres chargeaient nos énormes cartables de cuir avec des sangles toutes simples. Nous n’avions pas l’air bien à l’aise, ainsi chargés, clopinant sous le poids du savoir ! Mais malgré tout, la connaissance valait bien une scoliose. Tout en évoquant ces souvenirs de vieux cons à l’heure du diner, on me fit remarquer que les plus jeunes aujourd’hui avaient la chance d’avoir, pour la plupart, des cartables à roulettes. Vous savez, les petits trolleys qu’on tire derrière soi, avec un manche télescopique. Ha ce qu’on avait du confort maintenant !

C’était sans doute la conséquence d’une politique de santé publique soucieuse du confort des élèves. On voulait maintenant faire apprendre aux plus jeunes dans le confort et la facilité, les préserver d’un fardeau trop grand.

Mais si nous renversions un instant cause et conséquence ? Et si finalement ce cartable qu’on tire au lieu de porter n’était pas la cause d’un mal plus grand ? Et si en permettant aux blondinets de s’alléger du poids de la science qu’on trouve dans les livres, on ne leur faisait pas insidieusement comprendre qu’il n’était plus la peine de se fatiguer pour apprendre.

Et si ce cartable n’était pas l’outil d’un système qui vise à produire des individus dociles et bêtes, prêts à devenir des gentils consommateurs ? Hein ? Abandonnez donc tous ces livres lourds et chiants. Profitez plutôt de notre dernière offre promotionnelle : un diplôme gratuit pour un acheté. Ce serait évidemment un grand complot, un peu improbable, non ?

Ce serait renverser cause et conséquence. Et ce serait un peu absurde.

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[podcast] On a toujours raison

C’est presque la rentrée. J’époussette le cartable, je range mes crayons, je prépare les papiers vierges. Le podcast On a toujours raison reprendra bientôt.

Ce soir, toute l’équipe fera une émission pilote avant la rentrée. Nous avons fait nos devoirs de vacances et nous revenons en pleine forme avec plus de contenu et plein d’idées à tester. Si vous voulez tendre une oreille curieuse au contenu de cette éprouvette sonore et participer à l’expérience, vous êtes les bienvenus à partir de 19h30.

À bientôt !

Homosphère, émission de rentrée !

Ce blog reprend son rythme de croisière. On a toujours raison entame une deuxième saison avec plus de contenu, plus de chroniques, un meilleur son… Mais qu’en est-il d’Homosphère (la planète d’un autre genre) ?

rainbow flag

L’émission de radio que j’anime sur RUN entame sa quatrième saison. Nous passons maintenant à un rythme hebdomadaire, tous les mardis soirs de 20h à 21h en direct sur le 107.1 MHz à Namur et partout dans le monde sur run.be.

Dans cette première émission de la nouvelle saison, nous évoquerons le don du sang en revenant sur la polémique et un site de tourisme gay avec une interview de son créateur. Nous aurons également droit à une chronique décalée et à l’agenda de la semaine.

A bientôt à la radio ou sur le web. ;-)

EDIT: et voilà le podcast tout beau tout chaud : Download