Archives du mot-clé kyste

Mon kyste pilonidal, ou « j’ai deux trous de cul et je le vis bien »

Avertissement et note liminaire : je vais vous raconter le banal ennui de santé qui m’occupe actuellement. Absolument rien de grave, je le jure. C’est même franchement rigolo si comme moi, vous aimez la médecine, les blouses blanches et les détails gores. Cependant, ne cherchez pas ici autre chose que mon expérience et ma modeste compréhension des événements. Pour des conseils médicaux, préférez des professionnels de santé diplômés.

Comme tous les imbéciles heureux en bonne santé, j’ai durant mes presque trente années d’existence toujours échappé aux maladies graves. Cette fois-ci ne fait pas exception.

Depuis plusieurs mois, un kyste se formait sous ma peau au niveau du sacrum dans mon sillon1 interfessier. C’est une façon polie de dire que j’avais une petite boule au début de la raie du cul. C’est ce qu’on appelle un kyste pilonidal. Étant du genre soucieux de ma santé et de mon anatomie2, je surveillais donc attentivement la croissance de cette boule, qui n’était heureusement que très légèrement douloureuse. Comme tout kyste inflammé, celui-ci avait néanmoins fini par devenir franchement douloureux et par se fistuliser (c’est à dire trouver la lumière).

Male_human_buttocks

La première étape du traitement fut de combattre l’inflammation. Pour cela, on m’a prescrit des antibiotiques à forte dose. Après avoir découvert que j’étais allergique à la pénicilline (et failli y passer en faisant un petit choc anaphylactique), j’ai finalement obtenu un kyste sans infection. Ce qui, vous l’avouerez, ne nous avance pas beaucoup.

La deuxième étape consiste à retirer le kyste chirurgicalement. Une simple rachianesthésie suffit et 15 minutes plus tard, vous voilà avec un deuxième trou. Le chirurgien commence par injecter du bleu de méthylène pour repérer le kyste et les éventuelles fistules associées. Il retire ensuite toute la zone de peau, presque jusqu’à l’os du sacrum3. Dans mon cas, ayant hérité d’un dos pourri4, l’anesthésiste n’a pas réussi à m’endormir le rachis et j’ai donc eu droit à une anesthésie générale. J’aurais vraiment préféré discuter avec mon chirurgien…5 Tant pis.

Je me suis réveillé allongé, pansé et en très grande forme. Il faut savoir que l’opération ne consiste ni plus ni moins qu’à réaliser un beau cratère de quelques centimètres. C’est assez impressionnant mais dans mon cas, ce n’est presque pas douloureux. Oui, j’ai un trou béant6 et j’ai même pas mal. Dans la plupart des cas, il est déconseillé de refermer la plaie. Il faut au contraire la laisser cicatriser lentement. Cela garantit une guérison complète et évite les infections et les récidives. L’inconvénient de la technique, c’est qu’un gentil infirmier viendra tous les jours pendant au moins un mois vous tripoter le derrière pour refaire votre pansement. Un pansement sanguinolent avec une mèche de 40 cm. Soooo sexy.

On dit parfois de nos chers disparus qu’ils sont morts d’une longue et cruelle maladie. Quant à moi, je survivrai sans doute très bien à cette longue maladie rigolote. J’ai vraiment beaucoup de chance.

Pour en savoir plus :

Signé : Monsieur Mal-au-pète

  1. ô combien labouré []
  2. et celle des autres aussi, d’ailleurs []
  3. j’avais dit que c’était un peu gore, hein… []
  4. merci maman :-) []
  5. sans blague ! []
  6. enfin plus que le premier, quoi []