Archives pour la catégorie Le bon usage

De la langue française

Sorry, the Flickr API service is not currently available

J’ai merdé, ou comment présenter ses excuses

Sorry, the Flickr API service is not currently available

Sorry, the Flickr API service is not currently available

Les entreprises ne sont pas des institutions parfaites. Des erreurs sont commises, des gens sont déçus, choqués, blessés, voire pire. Ce genre d’événement, aussi grave qu’il soit, est inévitable. Personne n’a envie d’être pris dans une tempête médiatique, surtout quand une meute d’internautes en colère vient exprimer son mécontentement sur twitter, facebook ou les pages d’un journal compatissant. Quand une entreprise fait quelque chose de grave, quand d’autres personnes sont touchées et le font savoir, il y a deux façons de réagir : la mauvaise et présenter sincèrement ses excuses. Cet article est inspiré de la remarquable lettre d’excuse de Kickstarter.

Ce matin, à 8 heures, j’ai écrasé votre vélo en sortant du garage.

Pour bien présenter ses excuses, il y a cinq éléments nécessaires et suffisants. Premièrement, reconnaître les faits. Il est vivement conseillé de ne pas masquer la vérité ou tourner les faits à son avantage. Il est crucial de rappeler les faits de manière fidèle et sobre, afin d’établir sur quoi portent les excuses.

Je suis pleinement responsable de cet accident, j’ai commis une erreur.

Deuxièmement, dire qu’on s’est trompé. Un message d’excuse doit comporter explicitement la reconnaissance d’une faute. Il est hors de question de reporter la faute sur autrui ou de minimiser sa responsabilité. Vous avez fait une erreur, vous êtes un adulte responsable. Assumez.

J’étais mal réveillé, en retard pour mon travail, inquiet pour ma réunion avec mon chef. Tout cela a diminué l’attention que j’aurais dû porter au trottoir.

Troisièmement, donner du contexte. Des excuses sincères doivent apporter des éléments sur les circonstances de l’accident. Il ne faut pas atténuer sa responsabilité en invoquant le hasard. Au contraire, ces éléments montrent que vous avez conscience des fautes commises.

Je vous propose de vous indemniser complètement pour la perte de votre vélo. Pour éviter qu’un tel accident se reproduise, je ferai poser à mes frais un porte-vélo. Enfin, je ne sortirai plus du garage en marche arrière.

Quatrièmement, proposer des solutions. En plus d’une compensation appropriée au dommage, il faut tirer des conclusions des erreurs commises. Cela démontrera que vous valez mieux que votre erreur.

Je tiens beaucoup à notre relation de voisinage et je suis vraiment désolé que cet incident soit venu l’assombrir.

Cinquièmement, offrir une possible réconciliation. Les excuses permettent de rétablir une relation meurtrie. La confiance se perd beaucoup plus vite qu’elle ne se gagne. La formulation des excuses n’est que le début de sa reconquête.

C’est si compliqué ?

[bonus] Comment ne pas présenter ses excuses

« Ce matin, je crois que j’ai un peu endommagé un vélo. J’étais énervé et j’ai pas fait exprès. La faute à pas de chance. Vous devriez mettre votre vélo ailleurs la prochaine fois. Désolé :-/ »

Katz's Deli, Lower East Side, New York

Katz’s fête ses 125 ans

Katz's Deli, Lower East Side, New York

Katz’s Deli, Lower East Side, New York

Le pastrami est une viande de bœuf saumurée, épicée, séchée, fumée puis cuite à la vapeur. La recette est arrivée au 19e siècle aux États-Unis par l’immigration juive roumaine. Le conservatoire, le temple – que dis-je ? – le Saint-Siège de cette culture gastronomique est le restaurant Katz’s dans le Lower East Side. On y sert de fines tranches de pastrami entre deux tranches de pain. Les seuls accompagnements nécessaires pour apprécier ce délicieux sandwich sont un énorme pickle et un peu de moutarde.

Le restaurant fête son 125e anniversaire et le Jewish Daily Forward a une courte rétrospective de cette icône de la culture juive new-yorkaise. De la culture tout court, d’ailleurs.

lufthansa-graphic-design

Livre : Lufthansa + Graphic Design

lufthansa-graphic-designAmerican Airlines vient d’annoncer le changement de sa marque. Son nouveau logo et sa nouvelle typographie ont reçu un accueil mitigé, avec des qualificatifs allant de « moderne » à « chiant ». Lufthansa, en revanche, a conservé son design qui date des années 60. Un ouvrage en anglais et en allemand vient de sortir qui est consacré à la recherche esthétique qui a conduit à la création de la marque Lufthansa. Avec beaucoup d’Helvetica, bien entendu.

Signalé par Dan Frommer

words

Dix mots qui n’existent pas en français

Age-otori (japonais) : être moins beau en sortant de chez le coiffeur.

Bakku-shan (japonais) : une fille jolie seulement de dos.

Forelsket (norvégien) : l’euphorie quand on tombe pour la première fois amoureux.

Litost (tchèque) : le tourment provoqué par la vision soudaine de son propre malheur.

Nunchi (coréen) : l’art délicat d’écouter, de sentir l’humeur d’une autre personne et d’avoir la réaction appropriée.

Pena ajena (mexicain) : l’embarras ressenti devant l’humiliation de quelqu’un.

Pochemuchka (russe) : une personne qui pose trop de questions.

Sgriob (gaélique) : la brûlure de la lèvre supérieure provoquée par une gorgée de whisky.

Tingo (pascuan) : emprunter un à un les biens de son voisin jusqu’à ce qu’il n’ait plus rien.

Waldeinsamkeit (allemand) : le sentiment de solitude en forêt.

Tiré de “25 Handy Words That Simply Don’t Exist In English” par Alex Wain

7176751721_362e0b46f2_z

Rhabillé pour l’été

J’ai démarré une nouvelle chronique, non pas sur ce blog mais sur le site des Rhabilleurs. Pour le premier article, je me suis penché sur le douloureux problème du choix d’une montre à prix raisonnable en milieu aqueux. Si comme moi vous aimez les belles mécaniques sans snobisme, ces quelques suggestions vous plairont surement.

L’été au bord de l’eau : la montre de plongée

P.S. : Vous ne savez pas ce qu’est un rhabilleur ?

ceuta

Donnez des ronds à « Ceuta, douce prison »

Le réalisateur Jonathan Millet et le journaliste Loïc H. Rechi ont tourné cet été un reportage sur les migrants coincés à Ceuta intitulé « Ceuta, douce prison ».

Dans le reportage photo que Loïc consacre au film, il explique que des centaines de migrants africains contournent la frontière pour entrer dans Ceuta. Ils sont confrontés à une « attente interminable [...] à l’intérieur de ce confetti balnéaire espagnol », enfermés à ciel ouvert dans le vestibule de la forteresse européenne. Pour comprendre un peu l’absurdité de leur condition, je vous encourage à lire le reportage.

Si vous voulez voir le documentaire, vous pouvez – comme je l’ai fait – aider à financer la production en vous rendant sur la page du projet.