Archives de l’auteur : francbelge

decathlon

Évadez-vous

La sélection officielle de Cannes vient d’être annoncée. Parmi tous les films, c’est le propos singulier de « Évadez-vous ! » sur la condition humaine qui a retenu mon attention.


Perdu dans la montagne, un homme ouvre les yeux. Ses amis ont disparu. Il était certain qu’ils avaient disparu car il avait le souvenir exact qu’ils l’avaient suivi jusque là. L’effort de l’ascension dans l’air moite de l’été ne pouvait pas avoir altéré à ce point sa mémoire. Cet instant de doute passé, il décide de parcourir à vélo les sentiers à leur recherche. Sa course le mène dans la forêt. Le soleil pâle projette quelques taches sur le sol mais il ne voit personne derrière les troncs épais. Ses roues le mènent au bord d’un lac, où un vieux ponton s’élance dans les eaux noires. L’homme ne voit personne en troubler la surface. Au fond d’une vallée écrasée de chaleur, l’homme dévale une piste. Son vélo soulève la poussière autour de lui. Il n’a soudain plus le sentiment d’être seul. Il se retourne, ses amis sont là. Personne ne semble avoir rien remarqué. Ils continuent leur route.

Avec une économie de moyen et une grande maîtrise du cadre, l’œuvre provoque un trouble subtil chez le spectateur. Le réalisateur instille ses questions sans jamais asséner une seule réponse : un vélo garanti à vie est-il le plus fidèle des amis ? Comment faire sécher rapidement un cuissard ? A quelle heure arrive-t-on pour le goûter ? Longtemps après la dernière image, le doute subsiste. Dans son premier rôle, le B’twin Rockrider 340 de Decathlon est épatant. Mon coup de cœur.

Merci à B’TWIN pour cet article sponsorisé :)

People_bathing_in_Lake_Geneva,_Vaud_Canton,_with_Jura_Mountains_in_background,_1968

Jeu de l’été : les mots survivants

People bathing in Lake Geneva, Vaud Canton, with Jura Mountains in background, 1968

Il y a dans la langue française des mots qui ne subsistent pratiquement plus que dans une seule expression idiomatique. Le meilleur exemple est « au fur et à mesure » où le mot fur provient de la forme ancienne fuer ou feur, issue du latin classique forum d’où provient le sens de prix ou de mesure. Le renforcement de la locution au fur par à mesure s’est fait lorsque, le sens du mot fur s’étant perdu, il a fallu rappeler le sens de l’expression.

Une occurrence du mot follet est devenue aussi rare qu’un feu follet. La fréquence du mot vau part à vau-l’eau. Quant à l’encan, qui en voudrait encore, même aux enchères ?

Il y en a au moins un autre mais je préfère passer le témoin. Le jeu de l’été, c’est évidemment de les trouver. Vous en avez ?

Saga Falabella

Le parti La Droite a-t-il plagié un spot de pub ?

Sur son blog, Guy Birenbaum a relevé le dernier clip de campagne du parti belge La Droite, publié sur sa chaîne YouTube officielle. Le voici :

Un commentateur perspicace avec le pseudo rezba fait remarquer qu’il s’agit du plagiat d’un spot de pub pour la marque de prêt-à-porter péruvienne Saga Falabella, conçu par l’agence Leo Burnett. Je doute que cette version modifiée ait fait l’objet d’une autorisation. Bien qu’il soit microscopique, si le parti « La Droite » se prétend libéral (enfin, sauf pour les immigrés), il devrait aussi se montrer plus respectueux du droit d’auteur.

Mise à jour : la vidéo a depuis été supprimée.

Sorry, the Flickr API service is not currently available

J’ai merdé, ou comment présenter ses excuses

Sorry, the Flickr API service is not currently available

Sorry, the Flickr API service is not currently available

Les entreprises ne sont pas des institutions parfaites. Des erreurs sont commises, des gens sont déçus, choqués, blessés, voire pire. Ce genre d’événement, aussi grave qu’il soit, est inévitable. Personne n’a envie d’être pris dans une tempête médiatique, surtout quand une meute d’internautes en colère vient exprimer son mécontentement sur twitter, facebook ou les pages d’un journal compatissant. Quand une entreprise fait quelque chose de grave, quand d’autres personnes sont touchées et le font savoir, il y a deux façons de réagir : la mauvaise et présenter sincèrement ses excuses. Cet article est inspiré de la remarquable lettre d’excuse de Kickstarter.

Ce matin, à 8 heures, j’ai écrasé votre vélo en sortant du garage.

Pour bien présenter ses excuses, il y a cinq éléments nécessaires et suffisants. Premièrement, reconnaître les faits. Il est vivement conseillé de ne pas masquer la vérité ou tourner les faits à son avantage. Il est crucial de rappeler les faits de manière fidèle et sobre, afin d’établir sur quoi portent les excuses.

Je suis pleinement responsable de cet accident, j’ai commis une erreur.

Deuxièmement, dire qu’on s’est trompé. Un message d’excuse doit comporter explicitement la reconnaissance d’une faute. Il est hors de question de reporter la faute sur autrui ou de minimiser sa responsabilité. Vous avez fait une erreur, vous êtes un adulte responsable. Assumez.

J’étais mal réveillé, en retard pour mon travail, inquiet pour ma réunion avec mon chef. Tout cela a diminué l’attention que j’aurais dû porter au trottoir.

Troisièmement, donner du contexte. Des excuses sincères doivent apporter des éléments sur les circonstances de l’accident. Il ne faut pas atténuer sa responsabilité en invoquant le hasard. Au contraire, ces éléments montrent que vous avez conscience des fautes commises.

Je vous propose de vous indemniser complètement pour la perte de votre vélo. Pour éviter qu’un tel accident se reproduise, je ferai poser à mes frais un porte-vélo. Enfin, je ne sortirai plus du garage en marche arrière.

Quatrièmement, proposer des solutions. En plus d’une compensation appropriée au dommage, il faut tirer des conclusions des erreurs commises. Cela démontrera que vous valez mieux que votre erreur.

Je tiens beaucoup à notre relation de voisinage et je suis vraiment désolé que cet incident soit venu l’assombrir.

Cinquièmement, offrir une possible réconciliation. Les excuses permettent de rétablir une relation meurtrie. La confiance se perd beaucoup plus vite qu’elle ne se gagne. La formulation des excuses n’est que le début de sa reconquête.

C’est si compliqué ?

[bonus] Comment ne pas présenter ses excuses

« Ce matin, je crois que j’ai un peu endommagé un vélo. J’étais énervé et j’ai pas fait exprès. La faute à pas de chance. Vous devriez mettre votre vélo ailleurs la prochaine fois. Désolé :-/ »

Il n'y a pas de fumée sans feu...

Apple : iOS 7 est un feu de forêt

Il n'y a pas de fumée sans feu...

Il n’y a pas de fumée sans feu… by Böltürük (Trondheim), on Flickr

L’AppStore fête ses 5 ans. Il contient 900 000 applications qui ont été téléchargées 50 milliards de fois. Apple a ainsi versé 10 milliards de dollars aux développeurs. Comme le souligne Marco Arment, l’arrivée à l’automne de la nouvelle version d’iOS offre une opportunité unique de renouveler en grande partie ce catalogue, de bousculer les acteurs installés, d’innover :

“I don’t think most developers of mature, non-trivial apps are going to have an easy time migrating them well to iOS 7. Even if they overcome the technical barriers, the resulting apps just won’t look and feel right. They won’t fool anyone. This is great news.”

Fertile Ground, by Marco Arment

C’est l’occasion pour les développeurs indépendants qui désespèrent d’accéder jamais au Top 10 de tenter leur chance. La terre brûlée est fertile.